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Samedi 31 mai 2003
TERRORISME
Arrestation de l'auteur présumé
de l'attentat des JO d'Atlanta
Eric Rudolph (AP)
La police de Caroline du Nord a arrêté samedi matin un homme qui serait l'auteur de l'attentat à la bombe perpétré en juillet 1996 pendant les Jeux olympiques d'Atlanta, a annoncé le FBI.
Eric Rudolph est aussi soupçonné de deux autres attentats à la bombe menés contre une discothèque fréquentée par des homosexuels et une clinique où se pratiquait l'avortement.
L'homme a été interpellé à Murphy, une ville dans les montagnes de l'ouest de la Caroline du Nord, a précisé John Iannarelli du FBI à Washington. Bien qu'ayant l'air d'un sans abri, il serait bien Rudolph, selon les enquêteurs. Des relevés d'empreintes digitales étaient en cours pour confirmer son identité, a précisé M. Iannarelli.
Ungroupe raciste et antisémite
Eric Rudolph ferait partie d'Identité chrétienne, une groupe raciste, antisémite, xénophobe et anti-homosexuels. Quelques unes des bombes posées par Rudolph contenaient des messages signés d'une obscure «Armée de Dieu». Le 27 juillet 1996, Rudolph aurait posé une bombe cachée dans un sac à dos au milieu du Centennial Olympic Park. L'explosion devait tuer une femme et faire 111 blessés.
Figurant sur la liste des dix hommes les plus recherchés par le FBI, Rudolph fut inculpé en 1998 pour cet attentat et ceux commis contre une discothèque gay à Atlanta, un immeuble dans la banlieue nord de la ville et une clinique IVG à Birmingham (Alabama), où un policier trouva la mort. Au total, ces attentats firent deux morts et plus de 150 blessés, selon le FBI. AP
ericjeanloicbreton |
| 2003-05-31 12:43:57
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TERRORISME
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Vendredi 30 mai 2003
TERRORISME
TERRORISME Pour faire échec à ETA, Paris s'apprête à renforcer les mesures de protection des dépôts et des transports
En mars 2001, un commando masqué et armé d'ETA avait pris en otage le responsable de la société Titanic Société Explosifs à Veurey, dans l'Isère. Les terroristes s'étaient emparé de 1,6 tonne d'explosifs. (Photo Jean-Pierre Clatot/AFP.)
La France met ses explosifs sous surveillance
Jean Chichizola
[30 mai 2003]
Des itinéraires de poids-lourds entre l'Espagne, la France, l'Italie du Nord et les Balkans, des repérages minutieux, des numéros d'immatriculation, des lieux sensibles comme les barrières de péage... L'analyse d'une partie des documents saisis en janvier après l'arrestation de l'etarra française Laurence Guimon dans les Pyrénées-Atlantiques (nos éditions du 23 janvier 2003) a une nouvelle fois donné des sueurs froides aux autorités françaises et espagnoles.
Dans leur recherche frénétique d'explosifs, les terroristes basques se sont intéressés à des convois de poids-lourds espagnols chargés de dynamite destinée à un usage commercial et envoyée en Europe orientale. Des mois durant, les etarras ont suivi les précieux camions après la frontière franco-espagnole, où les convois perdaient leur escorte de gardes civils. Implantés en France, mais aussi en Italie, ils pouvaient alors observer leurs proies potentielles.
Dévastatrice pour ETA, cette découverte inquiète néanmoins Paris et Madrid. Les chiffres parlent d'eux-mêmes : depuis le 28 septembre 1999, ETA a volé en France plus de 11 tonnes de dynamite industrielle et des milliers de détonateurs, dont la majorité dans deux grandes opérations en Bretagne en 1999 et dans l'Isère deux ans plus tard. En 2002 et en mars 2003, les etarras ont vainement tenté de se procurer de la poudre d'aluminium, afin de fabriquer des explosifs ou d'augmenter leur pouvoir détonant. Les spécialistes du terrorisme basque sont préoccupés car ils savent qu'il est presque impossible de surveiller les entreprises fabriquant et stockant ce genre de produits (la poudre d'aluminium est couramment utilisée dans la fabrication de peintures métallisées).
Depuis des années, les autorités espagnoles affirment en revanche que les dépôts de dynamite, ainsi que son transport, peuvent être contrôlés. La dynamite «fran çaise» a en effet été utilisée dans des attentats en Espagne. Madrid a toujours vanté le dispositif mis en place en Espagne. Une douzaine de dépôts publics sont disséminés dans le pays. Gardés 24 heures sur 24 par la Garde civile, ces véritables bunkers sont dotés d'alarmes internes et externes, et leurs entrepôts sont surveillés par des patrouilles. Les entreprises sont autorisées à prélever de petites quantités d'explosifs, et, dans le cas de chargements plus importants, les convois sont escortés par des gardes civils. Grâce à cette mise sous haute surveillance, le dernier vol commis par ETA remonterait à 1978.
Si Madrid est bien consciente des coûts qu'entraînerait la réorganisation des centaines de dépôts d'explosifs installés en France, elle continue à réclamer une protection accrue. L'Espagne voudrait que la France affecte des hommes pour garder les dépôts, et qu'elle installe des alarmes sophistiquées.
Après des mois de travail, les autorités françaises ont récemment annoncé à leurs homologues espagnoles qu'un décret «tendant au renforcement des mesures de sûreté des dépôts et des transports d'explosifs» devait être pris dans les prochaines semaines. Un texte issu de la concertation de pas moins de six ministères : intérieur, défense, écologie, travail, transport et industrie. Il prévoit notamment de «renforcer les obligations pesant sur les exploitants s'agissant de la surveillance et de la protection des dépôts d'explosifs, de la tenue de registres d'entrée et de sortie de produits» ainsi qu'une «obligation d'information des services de sécurité des transports d'explosifs les plus importants»...
ericjeanloicbreton |
| 2003-05-30 12:22:19
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TERRORISME
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Jeudi 22 mai 2003
TERRORISME
Al-Qaïda appelle à porter plus de coups aux Etats-Unis et à leurs alliés
DUBAI (AFP) - Le réseau terroriste Al-Qaïda a appelé les musulmans à lancer davantage d'attentats suicide contre les Etats-Unis et leurs alliés en s'inspirant des attaques du 11 septembre 2001, dans un premier enregistrement sonore attribué à l'un de ses dirigeants depuis la guerre en Irak. Dans le même temps, de source de sécurité saoudienne on a annoncé l'arrestation de trois Marocains membres de ce réseau dirigé par Oussama ben Laden, alors qu'ils s'apprêtaient à détourner un avion pour l'écraser contre un immeuble à Djeddah, dans l'ouest du royaume.
L'enregistrement attribué mercredi au numéro deux d'Al-Qaïda Ayman Al-Zawahiri par la télévision qatariote al-Jazira et ces arrestations surviennent au moment où les alertes d'attentats se sont renforcées aux Etats-Unis et en Arabie saoudite et après les attaques suicide sanglantes de Ryad et de Casablanca, les 12 et 16 mai.
La voix attribuée à Zawahiri, adjoint et médecin personnel d'Oussam ben Laden, a appelé à frapper les intérêts américains, britanniques, australiens et norvégiens en "terre d'islam", en référence à la péninsule arabique qui englobe les six monarchies du Golfe, l'Irak et le Yémen.
Zawahiri a exhorté les musulmans à s'inspirer dans leurs opérations des attentats terroristes du 11 septembre 2001 à Washington et New York.
"O musulmans, prenez votre décision et frappez les ambassades des Etats-Unis, de Grande-Bretagne, d'Australie et de Norvège, leurs firmes et leurs employés (...) Mettez le feu sous leurs pieds (...) Renvoyez ces criminels de vos terres", a-t-il lancé.
Zawahiri a appelé les musulmans à "adopter le langage du jihad (guerre sainte) à l'égard des Croisés". "Les protestations et manifestations ne son d'aucune utilité", a-t-il dit, leur recommandant de prendre les armes contre leurs ennemis "Croisés et juifs (...) qui ne connaissent que le langage du sang".
Il a en outre stigmatisé tour à tour les dirigeants saoudiens, koweitiens, qatariotes, bahreinis, égyptiens, jordaniens et yéménites, leur reprochant d'avoir accordé, chacun à sa manière, des facilités aux forces de la coalition américano-britannique dans leur guerre contre l'Irak.
"Après la partition de l'Irak, ce sera le tour de l'Arabie saoudite, de l'Iran, de la Syrie, du Pakistan, puis de l'Egypte et ils ne laisseront autour d'Israël que des lambeaux déchirés, des simulacres d'Etats inféodés et soumis à l'Amérique et à Israël", a-t-il averti.
Zawahiri, s'adressant au peuple irakien, lui a "promis que les prochains jours (lui) apporteront des informations qui soulageront (son) coeur", sans plus.
Un avocat égyptien spécialisé dans les mouvements islamistes extrémistes a affirmé jeudi que l'enregistrement sonore diffusé mercredi par la chaîne satellitaire qatariote Al-Jazira provient bien de Aymane Al-Zawahiri, le numéro deux du réseau terroriste Al Qaïda.
Interrogé par l'AFP sur l'authenticité de l'enregistrement, l'avocat des groupes islamistes radicaux en Egypte, Me Montasser Al-Zayate, a déclaré: "C'est sa voix, son style et sa méthode". Ce message enregistré prouve qu'Aymane Al-Zawahiri "est vivant, en bonne santé et en sécurité", a affirmé Me Zayate.
Interrogé sur le sort du chef d'Al-Qaïda, Oussama ben Laden, Me Zayate, avocat de renom qui a défendu de nombreux islamistes accusés d'attentats ou d'attaques à main armée, a estimé qu'il est également "en sécurité" avec Zawahiri, mais que "les conditions de sécurité" imposent parfois que ce soit l'un ou l'autre qui prenne la parole.
Les autorités norvégiennes, surprises de figurer au nombre des cibles d'Al-Qaïda alors que la Norvège n'avait pas participé à la guerre en Irak faute d'un feu vert des Nations unies, ont quand même demandé à leurs ambassades un regain de vigilance.
A Ryad, une source sécuritaire saoudienne a annoncé l'arrestation lundi de trois Marocains membres d'Al-Qaïda, une semaine jour pour jour après trois attentats suicide qui ont fait 34 morts dont neuf kamikazes à Ryad, et après des avertissements sur l'imminence de nouveaux attentats dans le royaume.
"Les trois hommes ont été appréhendés à l'aéroport de Djeddah peu avant leur embarquement à bord d'un avion de la Saudi Airlines en partance pour Khartoum", a-t-elle ajouté. Ils prévoyaient d'écraser l'appareil contre un immeuble à Djeddah et l'un d'eux était recherché par les services de sécurité saoudiens.
L'ambassadeur du Maroc à Ryad, Abdel Karim Al-Sammar, n'a pas été en mesure de confirmer ou de démentir l'arrestation des trois Marocains.
Quatre jours après les attentats de Ryad, cinq attentats suicide ont endeuillé Casablanca, la capitale économique du Maroc, faisant 41 morts. L'enquête sur ces attaques a conclu que la totalité des kamikazes impliqués sont de nationalité marocaine.
Les attentats à Ryad et à Casablanca portent la griffe d'Al-Qaïda qui, selon des experts de l'antiterrorisme à Washington, en Europe et au Proche-Orient, est en phase de réorganisation, de former de nouveaux membres et de préparer d'autres attentats.
ericjeanloicbreton |
| 2003-05-22 09:41:52
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TERRORISME
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Jeudi 22 mai 2003
TERRORISME
Imprimer Envoyer à un ami Le nouveau Maroc L'Express du 22/05/2003 Attentats à Casablanca Révélations sur les réseaux islamistes par Jean-Marie Pontaut [L'Express en ligne du 22/05/2003 - A partir de nouveaux éléments qui nous sont parvenus après la mise sous presse de l’article, L’Express peut révéler que deux membres du commando de Casablanca avaient effectué des séjours en Egypte et dans les Emirats. Les deux hommes auraient même transité par les aéroports de Londres et de Bruxelles. Une information capitale, qui confirme que l’action du groupe a été commanditée de l’étranger et qui renforce la conviction des services antiterroristes qu’Al-Qaeda serait bien à l’origine des attentats de Casablanca. Le ministre marocain de la Justice, Mohamed Bouzoubâa, avait d’ailleurs déclaré le 19 mai : «L’enquête a permis de confirmer nos présomptions sur la connexion avec le terrorisme international». Il a ajouté que «certains kamikazes étaient récemment venus d’Etats étrangers». La police marocaine n’avait pas voulu livrer l’identité des pays car elle attendait la réponse de l’Egypte et des Emirats.] Le commando suicide qui a fait 41 morts à Casablanca le 16 mai était composé de jeunes chômeurs fanatisés. Tous appartenaient à des groupes locaux proches d'Al-Qaeda -- PUBLICITE -- Le 16 mai, juste après la prière du vendredi, 13 personnes se réunissent très discrètement en début de soirée, dans une masure du quartier populaire de Sidi Moumen, dans le nord de Casablanca. En quatre mois, elles ont été recrutées, «fanatisées» et préparées à accomplir leur «mission»: mourir en martyrs et commettre un carnage. Le chef de groupe remet à chacun une musette contenant une bombe artisanale, composée d'une bonbonne de gaz, qui doit exploser cinq secondes après le déclenchement de la mise à feu. Les kamikazes, séparés en cinq groupes, s'évanouissent ensuite dans la nuit vers les «objectifs» qu'ils avaient eux-mêmes repérés. Ces cinq attentats, perpétrés pratiquement en même temps, vont causer la mort de 41 personnes - dont 12 kamikazes - faire plus d'une centaine de blessés, avec, pour but, la déstabilisation du pays. C'est en effet la première fois que le Maroc est victime d'un commando suicide. Jusqu'ici, le royaume chérifien s'estimait à l'abri des «fous de Dieu». Il est resté très en retrait lors de la guerre d'Irak et s'est directement opposé au terrorisme international. Il a également démantelé sur son territoire d'importants réseaux islamistes liés à une inquiétante poussée extrémiste interne. © D. Doyle/AP/Sipa Press La terrasse du restaurant Casa España, après l'attentat à Casablanca, le 17 mai. Il est trop tôt pour savoir si cette opération a été organisée de l'extérieur et participe du grand retour d'Al-Qaeda ou si elle est l'œuvre d'un petit groupe local isolé, intégré à la population la plus démunie. Elle survient, en tout cas, quelques mois après que Ben Laden eut désigné le Maroc comme un pays «apostat», en raison de ses liens avec les Etats-Unis. De plus - coïncidence troublante - le carnage a lieu quatre jours après la vague d'attentats qui a frappé l'Arabie saoudite. Le 12 mai, trois voitures piégées explosaient dans un quartier résidentiel de Riyad, principalement habité par des étrangers: 34 personnes trouvaient la mort, dont sept Américains. Le quartier, dévasté, paraissait avoir subi un véritable bombardement. Le tout à la veille de la visite de Colin Powell. Cette démonstration, quasi militaire et soigneusement préparée, porte aux yeux de tous les spécialistes la marque de fabrique d'Al-Qaeda. 18 000 «terroristes potentiels» Selon le dernier rapport de l'Institut international d'études stratégiques, à Londres, le réseau Al-Qaeda «s'est maintenant reconstitué» et reste une «organisation terroriste transnationale dont le démantèlement prendra peut-être une génération». Les auteurs du rapport estiment que 2 000 environ des 18 000 «terroristes potentiels» qui ont transité dans des camps d'entraînement en Afghanistan avant la chute du régime taliban ont été arrêtés ou tués par les Américains. Une vingtaine de hauts responsables du mouvement sont toujours en liberté. Et le réseau s'est réorganisé en utilisant, plus encore que par le passé, des techniques modernes qui lui permettent d'«opérer comme une entité virtuelle». Il disposerait toujours d'un «flot de fonds échappant la plupart du temps à tout contrôle», grâce à des dons de sympathisants. Le groupe terroriste a voulu prouver qu'il existe encore et qu'il peut frapper quand il veut et où il veut. L'éclipse du mouvement de Ben Laden aurait été purement stratégique. Al-Qaeda aurait attendu la fin de la guerre d'Irak parce que le réseau voulait reconstituer ses forces, mais aussi parce qu'il voyait sans déplaisir la chute de l'«impie» Saddam Hussein. De plus, très férue en communication, l'organisation estimait peut-être que ses actions auraient eu moins d'éclat médiatique qu'aujourd'hui... Elle renoue donc avec les attentats, en commençant par frapper son plus vieil ennemi: l'Arabie saoudite. L'opération marocaine, elle, apparaît, si l'on peut dire, beaucoup plus artisanale, particulièrement dans le choix des cibles. Lorsque les commandos s'éparpillent, vers 21 h 30, dans Casablanca, ils se rendent sur des lieux qu'ils ont choisis en fonction d'une symbolique primaire. Ainsi, un premier groupe d'individus s'engage, à l'aide d'une petite camionnette de livraison Honda, dans les ruelles de l'ancienne médina, à la recherche du vieux cimetière juif Mehara, aujourd'hui quasi abandonné. Ne trouvant personne et désorientés, les deux terroristes actionneront quand même leurs bombes sur une petite place, entraînant avec eux la mort de trois jeunes qui s'y baladent. Parallèlement, une autre équipe se présente devant le cercle de l'Alliance israélite. Mais elle trouve porte close, car le vendredi, pour le début du Sabbat, l'établissement est fermé. Les deux hommes se feront néanmoins exploser, entraînant la mort de l'unique garde des lieux. Les trois autres terroristes, qui s'en prennent à la Casa España, rue Faidi Khalifa, connaissent, eux, parfaitement les lieux. Ce club privé, dirigé par des Espagnols mais fréquenté par de nombreux Marocains de la classe moyenne, abrite, le soir, une centaine de personnes qui viennent dîner et jouer au Bingo sur la vaste terrasse intérieure. Dès l'entrée, pour pénétrer dans le club, les tueurs égorgent froidement le gardien, puis traversent discrètement un vestibule. Ils aboutissent, par une petite porte, à l'intérieur de la terrasse et se font exploser en plein milieu du public. Le carnage est effrayant. Les corps sont éparpillés en tous sens, des bras et des têtes jonchent le sol; 16 personnes sont déchiquetées, en plus des trois kamikazes. Démocratie et terrorisme Ces attentats ne risquent-ils pas de ralentir l'évolution de la démocratie au Maroc, en incitant à une répression plus «forte» pouvant porter atteinte aux droits de l'homme? «Nous ne changerons pas le processus démocratique voulu par Sa Majesté Mohammed VI, affirme un important responsable du régime, et continuerons à prôner l'ouverture et la transparence. Mais il est vrai que ces événements tragiques vont permettre d'accélérer l'application d'une nouvelle loi antiterroriste qui était bloquée depuis plusieurs mois au Parlement, ce qui conduisait les services spécialisés à travailler dans un cadre juridique insuffisant. Dans cette lutte, il faut évidemment maintenir l'autorité de l'Etat contre ceux qui veulent détruire notre société et mettre en cause le rôle de Sa Majesté. L'extrémisme religieux n'a pas sa place ici. Et nous défendrons le modèle social et démocratique du Maroc.» Les policiers pensent que l'un des agresseurs avait travaillé dans ce restaurant et connaissait les lieux. Mais ils ne savent pas si l'endroit a été choisi en liaison avec l'Espagne, qui a soutenu les Etats-Unis lors de la guerre d'Irak ou si, tout simplement, les kamikazes ont voulu frapper un lieu de «débauche» où l'on consommait du vin... De même, il est très difficile de connaître l'objectif du quatrième groupe. Le commando s'est fait sauter dans une rue étroite, entre le consulat belge, abrité dans un petit immeuble non protégé, et un restaurant italien, le Positano, qui lui fait face. Il est fréquenté lui aussi par des jeunes cadres dynamiques, symbole de l'occidentalisation. L'attentat a provoqué l'explosion de trois véhicules. C'est là qu'un Français, qui descendait apparemment de sa Mercedes, a trouvé la mort. Il fait partie des trois Français, tous résidant au Maroc, qui ont péri dans ces attentats. Une information judiciaire a d'ailleurs été ouverte le 19 mai, à Paris, par les juges antiterroristes. Enfin, la dernière action va se révéler décisive pour l'enquête, car, cette fois, l'un des kamikazes va craquer et refuser la mort. Le cinquième groupe, conduit par le chef du commando, tente de pénètrer dans le grand hôtel Farah, qui borde une large avenue de Casablanca. Mais le groupe est repéré et se fait refouler par un membre de la sécurité. Alors que deux kamikazes pénètrent en force sous le porche pour actionner leur bombe, le troisième homme prend peur et jette le sac contenant son engin explosif sans actionner la mise à feu. Il est néanmoins blessé dans sa fuite. Les enquêteurs récupèrent ainsi la bombe intacte, qui livrera tous ses mystères. Mais, surtout, ils peuvent interroger un membre du commando, qui passe rapidement aux aveux et donne des indications décisives sur la composition du réseau. Son noyau opérationnel était composé de 13 islamistes, tous âgés de 20 à 24 ans, chômeurs, vivant de petits boulots. Douze ont donc péri dans les attentats, tandis que la police interrogeait le treizième homme, blessé, un comparse sera arrêté très discrètement lundi 19 par la DST marocaine. Il confirmera les confidences du survivant. Les juifs du Maroc Cible des attentats du 16 mai, la communauté juive de Casablanca, qui constitue l'essentiel des juifs du Maroc, ne compte plus que quelques milliers d'âmes. Ses trois lycées accueillent aujourd'hui un bon tiers d'élèves musulmans. Il y avait au Maroc quelque 250 000 juifs en 1948, avant que commence une vague d'émigration massive vers Israël. Il s'agissait, pour la plupart d'entre eux, de descendants de juifs chassés d'Espagne - en même temps que les musulmans - par Isabelle la Catholique, au xve siècle. Pendant la Seconde Guerre mondiale, alors que le Maroc était sous protectorat français, le sultan Mohammed V, père du roi Hassan II et grand-père du souverain actuel, avait refusé d'appliquer les lois antijuives de Vichy. L'une des personnalités les plus connues de la communauté juive marocaine est André Azoulay, conseiller économique de Mohammed VI, après avoir été celui de Hassan II. Selon la police, l'équipe était liée à l'une des bandes du groupe extrémiste religieux Salafiya Jihadiya (les Combattants salafistes), le mouvement extrémiste Assirat al-Moustaqim (le Droit Chemin). Les services marocains de renseignement avaient fiché près de 600 militants de ce mouvement. Mais aucun kamikaze n'était connu. Un élément qui se rapproche des méthodes d'Al-Qaeda. L'organisation exige, aujourd'hui, que les membres d'une opération ne se soient jamais fait remarquer auparavant. Autre élément troublant: deux membres du commando de Casablanca ont récemment effectué un voyage à l'étranger. La police marocaine, très discrète sur ce point, attend, semble-t-il, la réponse du pays concerné. Les tueurs, recrutés quelques mois auparavant, ont suivi une éducation islamiste intense, qui est parvenue à les convaincre de se transformer en bombe vivante. Le chef du commando, qui a péri à l'hôtel Farah, fabriquait lui-même les engins explosifs. L'étude de la bombe intacte aurait fourni un élément qui, s'il est confirmé, se révélerait essentiel. La composition de la machine infernale serait, à quelques éléments près, très proche de celles découvertes au domicile d'une équipe terroriste, arrêtée en juin 2002 au Maroc. L'affaire, révélée par L'Express, avait fait grand bruit. Au printemps de l'année dernière, les services marocains, informés par la CIA des confidences d'un détenu de Guantanamo, ont interpellé plusieurs personnages qui s'apprêtaient à faire sauter, pour le compte d'Al-Qaeda, des navires de guerre américains traversant le détroit de Gibraltar. Une opération semblable à celle qui avait frappé le destroyer USS Cole à Aden, en octobre 2000. L'équipe, qui se préparait également à commettre des attentats sur le territoire marocain, a été récemment jugée à Rabat. Mais son responsable, El Gareh, un proche de Ben Laden, est parvenu à prendre la fuite à l'étranger. D'autres membres d'Al-Qaeda, de retour au Maroc, auraient pu, alors, former les artificiers du groupe de Casablanca en perfectionnant les techniques de fabrication des bombes. Ils auraient notamment transformé le système de mise à feu par mèche, qui a parfaitement fonctionné le 16 mai. Cette hypothèse devra être confirmée par les analyses techniques effectuées aux Etats-Unis et en France. Des équipes composées de spécialistes des deux pays se sont, en effet, rendues au Maroc dès le lendemain des attentats pour prêter main-forte aux policiers chérifiens. La guerre entre les services marocains et les islamistes ne s'arrête pas à l'épisode de l'«Opération Gibraltar». Une autre enquête importante a débouché sur l'arrestation de nombreux intégristes liés, eux aussi, aux mouvements salafistes. Leurs membres mêlaient les actions de droit commun et l'intégrisme, allant jusqu'à commettre plusieurs meurtres. Wahhabisme et salafisme Le wahhabisme a été fondé dans la péninsule Arabique, au XVIIIe siècle, par Muhammad ibn Abd al-Wahhab. Il représente un courant traditionnel qui se distingue par une lecture littérale de l'islam et par son aspect rigoriste et puritain. Il condamne en particulier toute innovation par rapport à l'enseignement originel de l'islam et considère que l'Etat doit fonctionner exclusivement selon la loi religieuse. Le pacte entre Ibn Abd al-Wahhab et Ibn Séoud, le fondateur de l'Arabie saoudite, fera de ce pays le berceau du wahhabisme. Le salafisme, né à la fin du XIXe siècle, est un courant très proche du wahhabisme, auquel il peut pratiquement être assimilé dans sa version la plus conservatrice. La principale divergence entre les deux écoles porte sur le thème de l'Etat islamique: le wahhabisme se satisfait d'un dirigeant local - un roi, par exemple - s'il respecte et fait respecter la charia, tandis que le salafisme souhaite revenir au califat pour l'ensemble des croyants, même si la plupart d'entre eux acceptent l'idée d'un émir local pour quelque temps. Il tire son nom du mot salaf, qui désigne le premier compagnon du Prophète. Dans les années 1980 naît dans les camps de Peshawar, au Pakistan, sur fond de guerre en Afghanistan, le «salafisme jihadiste», une version radicale qui va séduire de nombreux jeunes musulmans, y compris en Europe. Les salafistes appellent surtout à purifier l'islam de toute trace culturelle étrangère. (Source: Dictionnaire mondial de l'islamisme, Plon.) Ce réseau a été dévoilé d'une façon rocambolesque. Une équipe, apparemment composée surtout de voyous, s'empare l'an dernier d'un taxi afin de l'utiliser pour un enlèvement. Le chauffeur est enfermé dans le coffre, mais l'homme parvient à s'échapper lors d'un arrêt à une station-service et donne l'alarme. Les malfaiteurs sont arrêtés et les policiers découvrent, stupéfaits, que ce groupe serait à l'origine de plusieurs affaires criminelles qui se sont déroulées entre 1998 et 2002. Ce réseau dont tous les membres, selon la police, appartiennent à la Salafiya Jihadiya aurait commis pas moins de huit assassinats, dont celui d'un ex-brigadier de police, en décembre 2002, et celui du notaire Abdel Aziz Assadi, tué à Casablanca en septembre 2001. Si le meurtre du notaire est lié, semble-t-il, à un enlèvement crapuleux, avec demande de rançon, l'assassinat de l'ancien policier, lui, aurait été accompli en raison d'une fatwa émise par l'un des membres du réseau. De même, les enquêteurs apprennent que, en février 2002, un dealer du quartier de Sidi Moumen - là où logeaient tous les membres du commando de Casablanca - aurait été lapidé parce qu'il insultait, pris de boisson, la religion musulmane. Le commanditaire de ce crime, Zakaria Miloudi, et plusieurs de ses complices sont alors arrêtés. Les policiers ont découvert, lors d'une perquisition, que ce groupe, responsable de plus de 150 agressions, allant du vol au kidnapping, en passant par le hold-up, était en relation avec Al-Qaeda. Les enquêteurs ont saisi une disquette laissée par un «instructeur» du mouvement terroriste. Elle contenait des recettes pour la fabrication et l'usage d'explosifs et expliquait aussi comment transformer des carabines de 9 millimètres, en vente dans le commerce, en véritables armes de guerre. Les 11 membres du groupe Miloudi ont récemment été jugés et lourdement condamnés. Un autre groupe d'extrémistes, membres, eux, d'Assirat al-Moustaqim, a été récemment neutralisé par les forces de sécurité. C'est un renseignement concernant plusieurs islamistes entraînés dans les camps afghans qui a mis les hommes de la DST marocaine sur la piste du responsable du réseau, l'émir Mohamed Damir. En pistant d'anciens «afghans», les enquêteurs parviennent à «loger» Damir, qui habite au premier étage d'un vieil immeuble. Lorsque les policiers enfoncent la porte de l'appartement, Aït Ouzou, un ancien des camps d'entraînement de Ben Laden, plonge un sabre dans la poitrine d'un agent. Les forces de l'ordre ripostent. Ouzou, atteint de neuf balles, est abattu sur-le-champ. Damir, atteint par cinq projectiles, dont l'un dans le fémur, sautera par la fenêtre plutôt que de se rendre. Il sera récupéré, blessé mais vivant, par les policiers. Enfin, deux imams, qui ont séjourné en Afghanistan, ont également été soupçonnés de servir de «passerelles» entre les salafistes et Al-Qaeda. Ahmed Rafiqun, dit «Abou Houdefa», et Mohamed Abdelwahab, dit «Abou Hafs». L'un d'eux avait ouvertement soutenu Ben Laden lors d'un prêche, qualifiant le «leader d'Al-Qaeda», de «héros» et de «porte-drapeau des musulmans et de l'islam». Eux aussi ont été incarcérés, ce qui porte, aujourd'hui, à 45 le nombre de détenus liés à l'islamisme. Tous rêvent de se venger et plusieurs d'entre eux ont pu inspirer le geste des tueurs de Casablanca. Mais comment se multiplient ces mouvements qui parviennent, avec une facilité qui effraie actuellement les Marocains, à fabriquer des machines à tuer? Ils sont d'abord aidés, estiment les spécialistes de l'antiterrorisme, par la grande majorité des médias arabes, surtout télévisuels, qui glorifient à longueur d'émission les martyrs. Après la guerre du Golfe, des cellules radicales se sont constituées au Maroc autour d'émirs autoproclamés, dont certains «afghans» de retour au pays. «Il s'agit non pas d'une organisation structurée, souligne Mohamed Tozy, politologue et spécialiste des mouvements islamistes, mais de petits groupes qui s'agrègent et se désagrègent autour de quelques clercs, dans un quartier, autour d'une mosquée ou à l'occasion d'une causerie religieuse.» Qui sont les jeunes qui fréquentent ces cellules? Il s'agit essentiellement, semble-t-il, de jeunes des quartiers populaires, souvent chômeurs, en tout cas peu qualifiés. Alors que l'islamisme politique attire, lui, surtout des étudiants ou des jeunes relativement instruits. S'il s'attendait à des actes de violence, Mohamed Tozy, qui suit depuis longtemps les différents courants islamistes au Maroc, dit cependant avoir été surpris par le caractère très organisé des attentats de Casablanca et par le grand nombre de candidats au suicide. L'opération qui vient de choquer le Maroc prouve en effet qu'aucun pays n'est aujourd'hui à l'abri des fous de Dieu. Ben Laden et ses admirateurs ont programmé leur combat dans la durée. Ils estiment que le temps joue pour eux. Comme le confiait récemment le juge Bruguière à L'Express, la bataille contre l'intégrisme radical est peut-être une nouvelle guerre de Cent Ans.
ericjeanloicbreton |
| 2003-05-22 09:35:32
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TERRORISME
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Mercredi 21 mai 2003
TERRORISME
Terrorisme: Londres estime qu'Abou Qutada a influencé
les pirates du 11 septembre
LONDRES (AP) - Le gouvernement a estimé mardi que le prédicateur musulman Abou Qutada, dont il confirmait l'arrestation, avait inspiré les terroristes, notamment Mohammed Atta, le chef des pirates de l'air du 11 septembre 2001.
Ce Jordanien d'une famille palestinienne a eu des "contacts nombreux avec les hauts responsables terroristes du monde entier", affirme le gouvernement dans un épais dossier soumis à la Commission d'appel spéciale pour l'immigration de Londres, qui examine les appels de dix terroristes présumés, étrangers, détenus sans être inculpés en application de la nouvelle loi britannique contre le terrorisme.
Abou Qutada ne fait pas partie de ces dix personnes mais est désigné comme l'un des extrémistes auxquels plusieurs des suspects faisant appel étaient liés.
"Il est clairement prouvé qu'Abou Qutada soutien le renversement par la violence de certains gouvernements actuels de pays arabes et leur remplacement par des Etats islamiques (...) et qu'il a des liens avec nombre de groupes terroristes décrits dans ces documents", dit le dossier.
Les personnes soupçonnées de menacer la sécurité nationale et d'être liés au terrorisme international qui ne peuvent pas être extradées du Royaume-Uni peuvent être détenues pour une durée illimitée.
La presse avait affirmé qu'Abou Qutada avait été arrêté en octobre 2002, mais le gouvernement refusait de le confirmer. Condamné par défaut en Jordanie pour des projets anti-américains et anti-israéliens, il est considéré par la justice espagnole comme "le plus haut dirigeant au niveau européen" des islamistes radicaux. Le juge Baltasar Garzon l'aurait même qualifié "d'ambassadeur de Ben Laden en Europe", tandis que les autorités allemandes l'accusent de diriger le groupe palestinien Al Taouhid. Abou Qutada vit en Grande-Bretagne depuis 1993 et y a obtenu le statut de réfugié. AP
st/v598
ericjeanloicbreton |
| 2003-05-21 13:02:50
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TERRORISME
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Mercredi 21 mai 2003
TERRORISME
Nicolas Sarkozy à Tunis avec son homologue tunisien Hedi M'henni
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Le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy se rendra jeudi en Algérie et en Tunisie, puis vendredi au Maroc, pour "approfondir la coopération opérationnelle" avec les trois pays du Maghreb contre le terrorisme. • Fehti Belaid (AFP - mercredi 21 mai 2003, 16h01)
Lire l'article associé
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ericjeanloicbreton |
| 2003-05-21 10:42:52
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TERRORISME
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Dimanche 18 mai 2003
TERRORISME
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Nouvel attentat à Jérusalem
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CASA DE ESPANA A CASABLANCA (MAROC), HIER. Des enquêteurs fouillent les décombres de la terrasse du restaurant où près d'une vingtaine de clients, dont trois Français, ont trouvé la mort. (AP/DENIS DOYLE.) |
Leparisien.com, le 18.05.03 à00h00 Scènes d'horreur à Casablanca Le Parisien, le 18.05.03 « Mon père était un homme exceptionnel » Le Parisien, le 18.05.03 L'inquiétude des touristes Le Parisien, le 18.05.03 Terrorisme islamiste : la nouvelle alerte mondiale Le Parisien, le 18.05.03 Les Marocains de Paris effondrés Le Parisien, le 18.05.03 Le 11 février, Ben Laden menaçait le Maroc Le Parisien, le 18.05.03 CLES Le Parisien, le 18.05.03
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Casablanca : l'ombre d'Al-Qaïda plane Les premiers éléments de l'enquête sur la vague d'attentats qui a frappé la capitale économique marocaine confirment la piste du terrorisme international. Ces attaques ont été menées par un commando de 14 kamikazes. Un seul a pu être interpelé.
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 Un restaurant près du Cercle de l'alliance israélite touché par une explosion (AP) | Totalement épargné par le terrorisme international depuis 1994, le Maroc s'est réveillé samedi sous le choc tandis qu'une véritable psychose à l'attentat s'est emparée de plusieurs quartiers de la capitale économique du royaume. Une série de cinq attentats à l'explosif commis vendredi soir dans le centre-ville de Casablanca (100km au sud de Rabat) a fait 41 morts, dont les terroristes, et une centaine de blessés, parmi lesquels 16 étaient toujours dans un état grave, selon les derniers chiffres officiels. Ce bilan particulièrement lourd comprend la mort d'au moins six ressortissants étrangers (deux Espagnols, deux Italiens et deux Français), selon des sources hospitalières.
14 kamikazes
Le ministre de l'Intérieur, Mustapha Sahel, a déclaré samedi soir à la télévision marocaine que le commando auteur des attentats de Casablanca était composé de 14 kamikazes répartis en cinq groupes. Sur ces 14 hommes, 13 sont décédés et le 14e, interpellé dès vendredi soir à proximité de l'hôtel Safir, était entendu samedi par les enquêteurs. "Nous pensons que l'ensemble des terroristes étaient marocains", a précisé le ministre. "Nous avons de fortes présomptions de contacts de ce commando avec des groupes étrangers." "Ces attentats portent la signature du terrorisme international", avait estimé dans la matinée M. Sahel. "Il visent à déstabiliser une démocratie naissante." Par ailleurs, de sources sécuritaires, on précisait en soirée que des opérations de police étaient "en cours dans la mouvance islamiste". Toutefois, ajoutait-t-on, "il est à ce stade totalement prématuré d'évoquer des arrestations en liaison directe avec ces attentats". Des rumeurs insistantes de nouvelles explosion samedi matin, renforcées par les périmètres de sécurité que la police installait autour de véhicules suspects alimentait toutes les conversations, obligeant le ministère de l'Intérieur à publier un démenti officiel. C'est entre 21h30 et 22h00 GMT (23h30 et 00h00 heure française) que les explosions ont été entendues dans différents endroits du centre-ville de la capitale économique du royaume. Ils ont visé le cercle de l'alliance juive (au moins deux morts), l'ancien cimetière juif (au moins quatre morts) l'hôtel Safir (au moins trois morts), un restaurant italien en face du consulat de Belgique et un restaurant-club espagnol (trois morts), la "Casa de Espana". Au moins quatre des cinq attentats ont été commis par des kamikazes porteurs d'explosif. L'agence officielle MAP a annoncé que "trois suspects ont été interpellés" dès vendredi soir. Selon des témoignages recueillis sur place par l'Associated Press, un des suspects serait un porteur de bombe neutralisé près de l'hôtel Safir, tandis qu'un de ses complices s'est fait sauter sous le porche de l'établissement, tuant un bagagiste et un agent de sécurité. La sécurité a été renforcée autour de la totalité des hôtels internationaux de Casablanca.
Clients égorgés
Selon plusieurs témoins, le kamikaze a égorgé deux employés du restaurant avant d'atteindre une tente installée dans la cour de l'établissement où la majorité des clients jouaient au loto en buvant et en mangeant. "On ne sait pas qui était visé", a commenté le mari du Consul général de Belgique, Nancy Rossignol. Toutes les baies vitrées de la façade du consulat de Belgique ont volé en éclat tandis que la porte blindée était criblée d'impacts de la bombe artisanale utilisée par les deux kamikazes dont les corps ont été complètement déchiquetés. Des restes humains ont été retrouvés sur le toit du consulat. Avant de se faire exploser, les deux kamikazes ont tenté de rentrer en force dans un restaurant italien situé en face de la représentation diplomatique belge. "Ces attentats, qui surviennent juste après ceux d'Arabie saoudite et visant des symboles juifs ou espagnols, s'inscrivent dans la logique des actions de Al-Qaïda", a déclaré à l'AP un diplomate occidental en poste à Rabat, qui a requis l'anonymat. "Nous sommes profondément choqués. Ce drame marque un coup de tonnerre dans un ciel serein", a observé Serge Berdugo, président du conseil de la communauté juive du Maroc. Aucune personne de confession israélite n'a toutefois été victime de ces attentats, le cercle de l'alliance juive étant fermé vendredi soir pour cause de shabath. Le roi Mohammed VI s'est rendu en fin d'après-midi à Casablanca où il a présidé une "séance de travail sur la répercussion de ces actes terroristes", selon l'agence MAP. Il devait ensuite se rendre à l'hôpital Averroes où sont soignés la plupart des blessés dont plusieurs dizaines sont gravement atteints. Cette vague d'attentats intervient au terme d'une semaine de festivités populaires pour célébrer la naissance du prince Hassan, premier enfant successeur dynastique de Mohammed VI. Le Maroc était jusqu'à présent épargné par le terrorisme d'inspiration islamiste. La dernière attaque terroriste officiellement recensée dans ce pays remonte à août 1994, lorsqu'un commando islamiste avait ouvert le feu sur des touristes à Marrakech, tuant deux touristes espagnols. En mai 2002, la police marocaine avait démantelé un réseau composé de trois Saoudiens accusés d'appartenir à Al-Qaïda. Selon les autorités marocaines, ce commando préparait des "attentats-suicides" contre des navires de guerre anglo-américains dans le détroit de Gibraltar et contre des sites touristiques. Les trois hommes ont été condamnés à dix ans de réclusion. Pour lutter contre l'émergence d'un islamisme radical, le Maroc, allié régional traditionnel des Etats-Unis, a renforcé récemment ses loi anti-terroristes en dépit des condamnations des organisations de défense des droits de l'Homme. (AP)
ericjeanloicbreton |
| 2003-05-18 07:30:25
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Vendredi 16 mai 2003
TERRORISME
L'ombre du terrorisme plane
sur le Proche-Orient,
l'Asie et l'Afrique de l'est
DUBAI (AFP) - L'ombre du terrorisme et de nouveaux attentats visant les Occidentaux s'étend sur le Moyen-Orient, l'Asie et l'Afrique de l'est après les attentats cette semaine qui ont tué 34 personnes à Ryad. Le département d'Etat américain a affirmé jeudi que les Etats-Unis avaient reçu des informations faisant état d'une menace d'attaque terroriste contre un quartier de la ville saoudienne de Djeddah dans la foulée des attentats meurtriers de lundi à Ryad.
"Le consulat général de Djeddah a reçu des informations non confirmées sur une possible attaque terroriste dans le quartier d'al-Hamra (à Djeddah) dans un avenir proche et des responsables américains avaient été évacués de ce quartier", a-t-on précisé de même source.
Cette nouvelle alerte intervient quelques jours après le triple attentat suicide à Ryad qui a fait, selon un bilan saoudien, 34 morts et 194 blessés.
Il a été perpétré par 15 kamikazes liés, selon Washington et Ryad, au réseau terroriste Al-Qaïda d'Oussama ben Laden responsable des attaques le 11 septembre 2001 aux Etats-Unis.
Mercredi, le département d'Etat a averti ses ressortissants qu'un "risque élevé" et "crédible" d'attaque terroriste visant des Américains planait aussi sur toute l'Afrique de l'est, en particulier au Kenya.
Le ministère britannique des Transports a ordonné de son côté la suspension, à compter de 21h00 GMT jeudi, de "toutes les opérations des compagnies aériennes britanniques au départ et à destination du Kenya", tandis que le ministère des Affaires étrangères, recommandait aux Britanniques d'annuler "tout voyage non essentiel au Kenya à la lumière du risque d'activité terroriste globale" dans ce pays.
Le chef de la cellule anti-terroriste de la police kenyane, Matthew Kabetu, a affirmé jeudi qu'un terroriste présumé de nationalité comorienne, recherché par la police fédérale américaine comme un membre d'Al-Qaïda, préparait un nouvel attentat au Kenya.
"Nous avons établi qu'il (Fazul Abdallah Mohammed) est impliqué dans un complot visant à perpétrer un nouvel attentat et nous appelons toute personne qui aurait des informations à son sujet à les rapporter aux autorités", a déclaré M. Kabetu.
Fazul Abdallah Mohammed figure en quatrième position sur une liste de 13 personnes, dont Oussama ben Laden, recherchées par la police fédérale américaine (FBI) pour leur implication présumée dans les attentats quasi-simultanés du 7 août 1998 contre les ambassades des Etats-Unis à Nairobi et Dar es-Salaam.
L'explosion d'une voiture piégée avait tué 213 personnes, dont 12 Américains à Nairobi, et blessé quelque 5.000 personnes. Dans la capitale économique tanzanienne, 11 Tanzaniens avaient été tués.
M. Kabetu a précisé que Mohammed avait été repéré "récemment" à Mogadiscio, la capitale de la Somalie, et qu'il était impliqué dans le double-attentat anti-israéliens du 28 novembre dernier à Mombasa, sur la côte kenyane.
Ce jour-là, trois kamikazes ont fait exploser leur voiture piégée dans la réception d'un hôtel à capitaux israéliens, tuant 12 Kenyans et trois Israéliens. Presque simultanément, deux roquettes manquaient de peu un avion de ligne israélien qui décollait de Mombasa avec 261 passagers.
Ces deux attaques avaient été revendiquées par Al-Qaïda.
Les Etats-Unis, l'Australie et la Nouvelle Zélande ont lancé par ailleurs des mises en garde sur des menaces d'attentats terroristes en Asie.
"Nous continuons de recevoir des informations selon lesquelles des terroristes planifient des attentats contre des intérêts occidentaux en Asie du sud-est", a déclaré vendredi le ministre des affaires étrangères néo-zélandais, Phil Goff.
Washington affirmait que des terroristes affiliés à Al-Qaïda pourraient préparer des attentats visant les citoyens et les intérêts américains en Malaisie, l'Etat de Sabah étant particulièrement menacé car des cellules actives de la Jemaah Islamyia (JI) y auraient été repérées.
Selon Washington, toute l'Asie du sud-est est sous la menace d'un attentat semblable à celui de Bali.
Jeudi, c'était l'Australie qui avait mis en garde ses ressortissants désirant voyager en Asie du sud-est alors même que se tient en Indonésie le premier procès d'organisateurs présumés de l'attentat de Bali, qui a fait 202 morts dont 88 Australiens en octobre 2002, imputé à une organisation liée à Al-Qaïda.
Au Proche-Orient, l'armée libanaise a annoncé jeudi avoir démantelé, avec l'aide de la Syrie, un "réseau terroriste" qui préparait des attentats au Liban, notamment contre l'ambassade des Etats-Unis.
En l'espace de huit jours, Beyrouth, enjointe par Washington, à l'instar de Damas, de coopérer dans la lutte anti-terroriste, a annoncé avoir déjoué une série d'attentats qui visaient l'ambassadeur des Etats-Unis, Vincent Battle, et le siège de l'ambassade américaine.
ericjeanloicbreton |
| 2003-05-16 10:43:23
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Mercredi 14 mai 2003
TERRORISME
Le cerveau du 1er attentat en Tchétchénie
peut-être identifié
VLADIKAVKAZ, Russie (AP) - Le cerveau de l'attentat au camion piégé de lundi dans le nord de la Tchétchénie est un Saoudien connu sous le nom d'Abou Walid, a affirmé mercredi le colonel Ilya Chabalkine, commandant régional russe dans le Caucase. D'autres responsables jugeaient prématuré d'avancer des noms.
Le militaire, qui n'a pas présenté d'éléments étayant son accusation, a ajouté à la télévision que le suspect avait succédé à Omar Ibn al-Khattab, influent seigneur de guerre d'origine saoudienne qui aurait été tué par empoisonnement l'année dernière en Tchétchénie.
De son côté, le chef de l'administration tchétchène mise ne place par Moscou, Akhmad Kadirov, estimait, cité par l'agence de presse russe Interfax, que l'attentat de lundi démontrait la nécessité de "changer la conduite des opérations de contre-terrorisme" dans la république sécessionniste. Il a proposé de confier la responsabilité de la lutte contre les rebelles au ministère régional de l'Intérieur, plutôt que de la laisser au Service fédéral de sécurité (FSB, ex-KGB).
Un autre attentat, commis par une kamikaze, a frappé le nord de la Tchétchénie mercredi, faisant au moins dix morts.
Par ailleurs, les combats avec les sécessionnistes continuent. Au moins huit soldats des troupes fédérales russes ont été tués et sept autres blessés dans des attaques des rebelles en 24 heures, selon un responsable de l'administration tchétchène qui a requis l'anonymat. Les forces russes ont pilonné des bastions présumés dans le district de Védéno et arrêté 180 personnes soupçonnées d'aider les rebelles. AP
st/v309
ericjeanloicbreton |
| 2003-05-14 11:52:28
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Mercredi 14 mai 2003
terrorisme
Accusé de l'enlèvement des touristes,
le GSPC est considéré
comme proche d'al-Qaïda
ALGER (AP) - Le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) est, avec le Groupe islamique armé (GIA), l'une des dernières organisations terroristes encore actives en Algérie.
Dirigé par Hassan Hattab, le GSPC est inscrit sur la liste des groupes terroristes, établie par Washington, qui sont liés à al-Qaïda, la mouvance terroriste d'Oussama ben Laden. "Comme la plupart des groupes armés salafistes, qui prônent le retour aux sources de l'islam originel, le GSPC a des liens opérationnels avec al-Qaïda", selon un haut responsable européen de la lutte anti-terroriste s'exprimant sous le couvert de l'anonymat.
Créé en 1998, d'une scission avec le GIA, le GSPC comptait jusqu'à 600 éléments au départ. Il a toujours refusé la politique de "concorde civile" proposé par le président algérien Abdelaziz Bouteflika.
Lors d'un entretien avec l'ex-ministre français des Affaires étrangères, Hubert Védrine, M. Bouteflika avait évoqué en octobre 2001 l'existence de "talibans algériens".
Après avoir subi une véritable hémorragie dans ses rangs, entre fin 1999 et début 2000 - les deux tiers de ses forces se seraient rendues ou ont été abattues, selon l'armée algérienne - le GSPC s'est redéployé en petits groupes mobiles et extrêmement violents qui ciblent le plus souvent les forces de sécurité algériennes à la différence du GIA qui s'attaque également aux civils.
Le GSPC opère encore dans les régions centre, est et sud de l'Algérie, plus particulièrement en Kabylie et dans la région de Tébessa, fief de Hassan Hattab, où des opérations de ratissage sont régulièrement menées par l'armée algérienne en dépit d'embuscades particulièrement meurtrières.
Aujourd'hui, le groupe de Hattab ne compterait plus qu'entre 100 et 300 hommes extrêmement organisés et déterminés.
En plus de "l'émir national" Hassan Hattab, les "émirs régionaux" les plus importants et les plus influents sont les deux lieutenants de Hassan Hattab : "Abderrazak le para", un parachutiste déserteur de l'armée algérienne qui avait d'abord épousé la cause du GIA avant de rejoindre le GSPC et Mokhtar Benmokhtar, un puissant contrebandier reconverti dans le Jihad avec le GSPC et dont la zone d'activité naturelle est le Sahara.
C'est la piste de Benmokhtar qui est la plus souvent citée, par la presse algérienne dans l'affaire de l'enlèvement des touristes européens. Le ministre algérien de l'Intérieur, Nouredine Yazid Zerhouni, avait ainsi révélé que les touristes avaient suivi la route des Tombeaux", une région montagneuse et sauvage située à 150 km au nord-ouest du département d'Illizi (1.200 km au sud d'Alger).
Il s'agit d'une route "connue pour être la zone de repli de réseaux de contrebande dont celui de Benmokhtar qui a des accointances avec le GSPC de Hattab", avait déclaré M. Zerhouni devant une commission parlementaire.
En décembre 2002, la presse algérienne avait rapporté que trois émissaires d'Oussama ben Laden, avaient été dépêchés en Algérie auprès de Mokhtar Benmokhtar. AP
ham/nim/Bg
ericjeanloicbreton |
| 2003-05-14 11:51:45
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Lundi 12 mai 2003
TERRORISME
Sécurité Vaste exercice antiterroriste aux Etats-Unis
Washington (Etats-Unis) DE NOTRE CORRESPONDANT
SEATTLE (ETAT DE WASHINGTON), HIER. Un policier muni d'un compteur Geiger analyse les radiations dans le cadre d'un exercice de prévention. (DR.)
EN PARTANT TRAVAILLER ce matin, les habitants de la banlieue de Seattle, dans l'Etat de Washington, vont se trouver confrontés à des dizaines d'hommes en combinaison antiradiation nucléaire analysant leur pas de porte avec des compteurs Geiger. Drôle de début de semaine. Pas de panique cependant : tout cela fait partie d'une gigantesque simulation organisée par le gouvernement pour se préparer à une attaque terroriste. Prévue pour durer cinq jours, dans deux villes majeures (Seattle et Chicago), mobilisant 8 500 personnes au sein de 25 services ainsi que la Croix-Rouge, pour un coût de 18 millions d'euros, cet exercice grandeur nature doit aider les Etats-Unis à améliorer leur réponse à des attentats d'envergure. Si les équipes de secours, les policiers, les pompiers et les militaires n'entrent en action qu'aujourd'hui, le scénario prévoit qu'une organisation terroriste a commencé ses basses oeuvres dès samedi soir en répandant un agent biologique diffusant la peste dans des rues de Chicago. Dès demain, l'afflux des personnes se rendant dans les hôpitaux de la ville avec des symptômes proches de la grippe alertera les autorités sanitaires, qui réagiront en conséquence. Le script prévoit également un crash d'avion sur l'aéroport de Chicago jeudi, l'effondrement d'un bâtiment, ainsi que la dispersion des matériaux dangereux, sans oublier « quelques autres surprises », selon les coordinateurs de l'exercice. Côté Seattle, la même organisation terroriste, baptisée Glodo, doit faire exploser lundi à midi une « bombe sale », un mélange d'explosifs et de déchets radioactifs, qui blessera 100 personnes. La radioactivité augmentera sérieusement dans la zone et les Etats-Unis passeront au niveau d'alerte maximum. Pendant que les services de secours doivent limiter la contagion radioactive et biologique dans les deux villes, FBI et CIA pourchasseront les terroristes - des policiers jouant ce rôle - en essayant de les empêcher de fuir au Canada tout proche.
« Menaces plausibles à l'encontre des Etats-Uni s » « Cet exercice de simulation et l'étendue des dégâts sont basés sur une situation hypothétique, mais ils reflètent des menaces plausibles à l'encontre des Etats-Unis », a expliqué le secrétaire à la Sécurité intérieure, Tom Ridge. Ce « jeu de rôle », élaboré depuis deux ans à tous les échelons du gouvernement, doit permettre notamment d'évaluer les acquis de la réponse aux attentats du 11 septembre 2001. La précédente simulation qui avait eu lieu en 2000 était passée quasiment inaperçue du grand public. A l'époque, l'exercice avait mis en lumière la rupture des communications entre les différents services au niveau local et étatique, ainsi que l'incapacité du système hospitalier de faire face à une épidémie soudaine. Comme il s'agit avant tout de tester la réaction des secours et des forces de l'ordre, le scénario est écrit à l'avance. Ainsi l'optimisme est de rigueur : à la fin de la semaine, les terroristes seront arrêtés. Dans le souci de ne pas affoler la population, le gouvernement a beaucoup communiqué sur cet exercice. Il a toutefois oublié de préciser le sens du nom de l'organisation terroriste Glodo. Parions qu'il s'agit d'un raccourci de « global domination ». Joyeux début de semaine...
Thomas Cantaloube
Le Parisien , lundi 12 mai 2003
ericjeanloicbreton |
| 2003-05-12 09:58:07
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Vendredi 4 avril 2003
EXTRADITION
La justice autorise l'extradition de Rachid Ramda La justice britannique a donné son feu vert à l'extradition de Rachid Ramda, le financier présumé des attentats de 1995 à Paris, incarcéré depuis sept ans au Royaume-Uni. La décision revient à présent au ministre de l'Intérieur.
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 Les secours s'activent après l'attentat de Saint-Michel en 1995 (AP) | Un tribunal londonien a donné vendredi son aval à l'extradition vers la France de l'Algérien Rachid Ramda, soupçonné d'avoir financé les attentats commis à Paris en 1995 (8 morts), mais la décision est maintenant entre les mains du ministre de l'Intérieur David Blunkett, a-t-on appris de source judiciaire. Le 25 mars dernier, le refus jusque-là de rigueur de Londres de l'extrader avait été discuté à Paris par le ministre de la Justice Dominique Perben et son homologue britannique Lord Irvine of Lairq. La Chancellerie n'avait alors fait aucun commentaire à l'issue de la rencontre sur l'état d'avancement de ce dossier qui a suscité des tensions entre Londres et Paris. Le refus de la justice britannique d'extrader le terroriste présumé avait été jugé en octobre "tout à fait inadmissible" par M. Perben, peu après l'ouverture du procès des attentats de 1995 dont Ramda était le grand absent.
Précédente extradition annulée
Rachid Ramda, sous écrou extraditionnel à Londres depuis 7 ans, est soupçonné d'avoir financé les attentats commis en 1995 dans une station parisienne du RER (métro régional), qui ont fait 8 morts et 200 blessés. Il revient maintenant au ministre de l'Intérieur David Blunkett de prendre une décision, a indiqué une source judiciaire du tribunal londonien de Bow Street. Rachid Ramda dispose de quinze jours pour faire appel devant la Haute Cour. David Blunkett avait signé l'an dernier un ordre d'extradition, mais celui-ci avait été annulé par la Haute cour en appel en juin 2002. Les juges relevaient que certains éléments contre lui provenaient d'un co-accusé, Boualem Bensaïd, qui aurait peut-être été maltraité pendant son interrogatoire en France. Ils reprochaient aussi à Paris d'avoir sciemment caché ces violences présumées. La Haute cour avait estimé qu'"en tant qu'Algérien suspecté de terrorisme, (Ramda) est confronté à un risque de traitement inhumain ou dégradant en France suffisamment réel pour rendre inacceptable de l'extrader".
Satisfaction et méfiance de Sos-Attentat
La présidente de l'association SOS Attentats Françoise Rudetzki s'est déclarée vendredi "satisfaite" de la décision d'extrader Rachid Ramda, tout en se déclarant "méfiante" sur son issue définitive "étant donné que l'on a déjà eu droit à des annonces diverses et variées le concernant" de la part des autorités britanniques. "Il ne faudrait pas que la décision prise aujourd'hui fasse de nouveau l'objet d'un jeu de ping-pong entre la justice et le pouvoir politique", a affirmé Françoise Rudetzki. Quant à la décision que sera amenée à prendre M. Blunkett, la présidente de SOS Attentats "pense" qu'elle sera favorable à l'extradition. "Dans le cadre de la lutte contre le terrorisme qu'affiche le gouvernement Blair, on ne comprendrait pas qu'il refuse d'extrader celui-ci alors qu'il bombarde actuellement l'Irak au nom de cette lutte contre le terrorisme", a-t-elle commenté. De son côté, le ministre de la Justice Dominique Perben s'est également "félicité" de la décision du tribunal londonien. Dans un communiqué, M. Perben "se félicite de la décision ce jour d'une cour de justice britannique ouvrant la voie à l'extradition de Rachid Ramda" et considère qu'elle "est un pas dans une bonne direction et qu'elle témoigne de la validité des arguments du gouvernement français dans cette affaire". Le garde des Sceaux "espère que Rachid Ramda sera remis aux autorités françaises le plus rapidement possible afin que la justice puisse faire son travail et que les victimes obtiennent des réponses légitimes à leurs souffrances et à leurs interrogations".
ericjeanloicbreton |
| 2003-04-04 11:11:41
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Vendredi 21 mars 2003
TERRORISME
De la ricine retrouvée gare de Lyon Alors que le plan Vigipirate vient d'être renforcé, des traces de ce poison mortel ont été dans un casier de la consigne de la gare parisienne.
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 La gare de Lyon (AP) | Des traces de ricine, un poison mortel pour lequel il n'existe pas d'antidote, ont été découvertes dans deux flacons saisis dans un casier de la consigne de la gare de Lyon, à Paris, lundi dernier, a annoncé jeudi le ministère de l'Intérieur. La police, alertée par la SNCF, a mis la main sur deux flacons contenant de la poudre, une bouteille contenant un liquide, et deux autres flacons contenant eux aussi un produit liquide, précise le ministère dans un communiqué. Or les analyses ont montré que les deux derniers flacons contenaient des traces de ricine, dans un mélange qui s'est révélé être un poison très toxique, précise l'Intérieur, qui ajoute que les analyses se poursuivent.
Renforcement du dispositif "Vigipirate"
Ces informations ont été communiquées alors que, après le début de l'offensive militaire américaine en Irak jeudi aux petites heures, le gouvernement français a annoncé le renforcement du dispositif "Vigipirate" pour parer à d'éventuels attentats sur le territoire. Des militaires supplémentaires ont été déployés autour des lieux publics dits "sensibles" (gares, métro, aéroports) et un centre de crise a été ouvert au ministère de l'Intérieur. En février dernier, trois hommes avaient été inculpés à Londres de complot visant à fabriquer une arme chimique, après la découverte de ricine dans un appartement du nord de la capitale en janvier. La ricine, administrable par voie digestive, injection ou inhalation, est potentiellement mortelle en quelques jours.
La plante
Elle est extraite de la graine de ricin (Ricinus communis, Ricinus sanguineus), plante spontanée des régions tropicales et tempérées, également cultivée comme plante d'ornement ou à des fins commerciales pour l'extraction de l'huile. Cette huile, utilisée autrefois en thérapeutique comme purgatif, peut, lorsqu'elle est insuffisamment purifiée contenir de la ricine à fortes concentrations. Les tourteaux obtenus après extraction de l'huile sont également très riches en ricine, selon l'Institut de veille sanitaire (INVS). Ce poison pourrait être dissout dans l'eau de distribution sans en modifier le goût, introduit dans un aliment ou dispersée par aérosol, mais il est dénaturé par chauffage pendant dix minutes à 80 C ou une heure à 50C. En cas d'utilisation à des fins terroristes, l'INVS estime que sont susceptibles d'être visés "des membres des autorités civiles ou militaires, des parlementaires, des journalistes ou des personnes 'fragiles' appartenant à une collectivité (crèches, écoles, établissements sanitaires et sociaux)". (AP)
ericjeanloicbreton |
| 2003-03-21 13:03:54
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TERRORISME, BIO-TERRORISME
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Jeudi 20 mars 2003
TERRORISME
L'Express du 20/03/2003 Vigipirate-Biotox La France se défend par Jean-Marc Biais, Jean-Marie Pontaut Du terrorisme à la guerre bactériologique, le plan de protection du territoire renforce le niveau de vigilance. Et lance les mesures appropriées -- PUBLICITE -- Souhaitons que jamais une région ou une ville française ne devienne «écarlate». Cette couleur violente correspond en effet au dernier degré du nouveau Vigipirate, le plan d'urgence qui doit entrer en vigueur très prochainement. Jusqu'ici, Vigipirate ne comportait que deux phases; il compte désormais cinq degrés, représentés, selon leur gravité, par des couleurs, vert, jaune, orange, rouge et... écarlate. De plus, il n'est plus appliqué à l'ensemble du territoire, mais peut varier, par exemple, selon les villes, être rouge à Paris et vert à Guéret... Une réforme étudiée depuis l'an dernier par le secrétariat général de la Défense nationale. Mais, face au risque actuel, le gouvernement met également en place toute une batterie de mesures visant des menaces autant extérieures qu'intérieures. Ainsi, à l'étranger, les demandes de visa seront particulièrement contrôlées. Le gouvernement se donne, en outre, la possibilité de fermer les frontières, une mesure prévue par l'article 2-2 de la convention de Schengen et déjà plusieurs fois appliquée. La sécurité de l'aéroport de Roissy va être réétudiée et confiée à un coordinateur. Les RG surveilleront les «groupes à risque» Le ministère de l'Intérieur, évidemment, est maître d'œuvre. Un PC central, le COB (commandement opérationnel Beauvau), situé à l'étage de la Direction de la police nationale, fonctionnera vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Un représentant des RG, de la DST, de la PJ, de la sécurité publique et de la police de l'air et des frontières y siégeront en permanence. Nicolas Sarkozy a demandé à tous les préfets de recenser les points «sensibles» de leurs départements. On dénombre ainsi plus de 1 400 lieux de prière islamiques et plus de 700 organismes liés à la communauté juive. Tous ne peuvent évidemment être protégés en permanence, mais ils devront faire l'objet d'une surveillance particulière, passage de patrouilles, par exemple. De même, les représentations diplomatiques exposées - Etats-Unis, Grande-Bretagne, Espagne, Israël, pays du Golfe ou du Moyen-Orient - verront leur sécurité renforcée. Les services de renseignement sont naturellement mis à contribution. Les RG surveilleront les «groupes à risque», extrémistes de tout poil, de droite comme de gauche, ainsi que les sympathisants des mouvements antimondialistes et antiguerre. On craint particulièrement des actions antisémites. La lutte antiterroriste, coordonnée par un organisme de synthèse (l'Uclat), demeure évidemment prioritaire. La DST, les RG et la PJ renforcent la surveillance des islamistes déjà repérés ou contrôlent le passage d'éventuels «meneurs», susceptibles de préparer des attentats en France. Plusieurs membres de réseaux ont été arrêtés récemment dans la banlieue parisienne. La position diplomatique de l'Hexagone ne le met pas à l'abri, d'autant que les activistes peuvent s'en prendre à des intérêts étrangers. Un dispositif contre le risque bioterroriste Enfin, le gouvernement craint particulièrement des attaques bactériologiques ou chimiques. Depuis octobre 2001, la France a donc mis en place un dispositif de prévention, de surveillance et d'intervention contre le risque bioterroriste: le plan Biotox. Dans ce cadre, le ministère de la Santé a obtenu des moyens supplémentaires (plus de 150 millions d'euros). Les hôpitaux ont été équipés en matériel de pointe (analyseurs, sas et tenues de décontamination…). Une cellule spéciale a été créée à l'Institut Pasteur. Un réseau de laboratoires, disponibles vingt-quatre heures sur vingt-quatre, a été constitué. Le 11 février, des mesures spécifiques de lutte contre une éventuelle attaque au virus de la variole ont été adoptées. Cet agent infectieux fait partie de la liste des 23 produits (chimiques, biologiques et radioactifs) susceptibles d'être utilisés par des terroristes. Les autorités sanitaires ont prévu une réponse graduée, avec cinq niveaux d'alerte. Actuellement, il n'y a «aucun cas de variole dans le monde». Mais, par précaution, on vient de vacciner les 150 spécialistes (médecins, infirmiers, policiers, magistrats, personnels de laboratoire…) chargés de coordonner l'action contre une contamination. Le niveau 2 («menace avérée») entraîne la vaccination d'une équipe hospitalière dans chacune des sept zones de défense, soit au total de 600 à 900 personnes. Dès qu'un cas de variole sera recensé hors de France (niveau 3), tous les spécialistes des services de secours et de sécurité, soit 2 millions d'individus, seront immunisés. Avec la détection d'un malade sur le territoire (niveau 4), toutes les personnes exposées seront vaccinées. La vaccination de l'ensemble de la population n'est envisagée qu'au niveau 5: «survenue de nombreux cas simultanés». La France, qui dispose d'un stock de 72 millions de doses, pourrait ainsi répondre à cette attaque, la plus effrayante que craignent les services spécialisés.
ericjeanloicbreton |
| 2003-03-20 10:37:35
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TERRORISME, BIO-TERRORISME
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Mercredi 19 mars 2003
TERRORISME
• LE MONDE | 18.03.03 | 13h30La mystérieuse "chaîne en or" des financiers saoudiens d'Al-Qaida
Une pièce judiciaire vient de s'ajouter au puzzle du financement d'Al-Qaida : une lettre manuscrite qui serait la "chaîne en or" du réseau d'Oussama Ben Laden. Elle liste les noms de vingt personnalités du royaume saoudien qui seraient impliquées dans le financement de l'organisation terroriste.
Le document se présente sous la forme d'une page rédigée en arabe. Il a été saisi l'an dernier en Bosnie-Herzégovine, lors d'une perquisition dans les bureaux d'une organisation caritative islamique, la Fondation Bénévo- lat international (FBI). Mardi 18 mars, la liste a été rendue publique à la demande des avocats des familles des victimes du 11 septembre 2001 qui ont porté plainte, le 15 août 2002, devant un tribunal fédéral de Washington, contre des argentiers présumés d'Al-Qaida.
Du côté des donateurs, la liste égrène des noms relevant du gotha saoudien. Pas moins de six banquiers, douze hommes d'affaires et deux anciens ministres d'Arabie saoudite, selon le recensement opéré par Jean-Charles Brisard, le responsable de l'enquête financière œuvrant pour le compte des familles de victimes.
"Les actifs financiers de ces personnes s'élèvent à plus de 85 millions de dollars, soit 42 % du PNB annuel saoudien", indique M. Brisard, en notant que huit de ces noms figuraient dans l'assignation déposée par ses clients en août 2002 pour demander des dommages et intérêts à ces responsables saoudiens. Ni datée ni signée, la lettre saisie en Bosnie-Herzégovine ne fait apparaître aucune somme, aucune référence à Al-Qaida, aucun compte bancaire qui permettrait des vérifications.
Du côté des bénéficiaires, la liste attribuée à Al-Qaida inscrit des noms, entre parenthèses, en face de chaque donateur. Un certain "Usama" y revient comme un refrain. On le retrouve notamment face à la ligne "Frères Ben Laden" – alors même que les proches parents du chef d'Al-Qaida démentent tout lien financier avec le plus célèbre d'entre eux.
"Il s'agit du document le plus précis à ce jour établissant l'existence d'un financement de vaste ampleur en provenance d'Arabie saoudite au profit d'Al-Qaida et mettant en cause des personnalités de premier plan dans le royaume", estime M. Brisard, persuadé qu'il s'agit bien d'un document du réseau d'Oussama Ben Laden. Lors de leurs perquisitions à la FBI, plaide-t-il, les policiers bosniaques ont mis la main sur une volée de documents clairement estampillés Al-Qaida.
La lettre en question est versée au dossier pénal ouvert par la justice américaine contre le responsable de la FBI aux Etats-Unis, Enaam M. Arnaout, un citoyen américain d'origine syrienne. Dans cette procédure en cours à Chicago, l'accusation s'appuie sur la liste trouvée en Bosnie-Herzégovine, qu'elle décrit comme mentionnant "les personnes connues à l'intérieur d'Al-Qaida sous le vocable de "chaîne en or", les donateurs fortunés soutenant les efforts des moudjahidins".
Début février, M. Arnaout a accepté de plaider coupable et de coopérer avec les autorités fédérales ; en échange, il n'est plus accusé de financer Al-Qaida sous couvert de dons aux combat-tants islamistes de Bosnie et de Tchétchénie. M. Brisard indique enfin que la lettre sur la "chaîne en or"sera versée par les avocats des victimes des attentats du 11 septembre dans la procédure civile ouverte à Washington contre les personnalités saoudiennes.
Erich Inciyan • ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 19.03.03
ericjeanloicbreton |
| 2003-03-19 11:46:01
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TERRORISME
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Mercredi 12 mars 2003
LOCKERBIE
Attentat de Lockerbie : accord en vue Washington, Londres et Tripoli seraient proches d'un accord pour indemniser les familles des victimes de l'attentat qui avait fait 270 morts en 1988.
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 Lamen Khalifa Fhimah et Abdel Basset Ali al-Megrahi (AP) | Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne sont proches d'un accord avec la Libye portant sur plusieurs milliards de dollars pour l'indemnisation des familles des victimes de l'attentat de Lockerbie en 1988, a-t-on appris mardi de sources diplomatiques. Certains représentants des familles ont estimé quant à eux qu'un accord de principe, ou un compromis, était prêt à leur être soumis. "Nous avons fait certains progrès", a déclaré le porte-parole du département d'Etat, Richard Boucher, en ajoutant qu'une réunion de hauts responsables des trois pays mardi à Londres avait été "utile". Richard Boucher s'est toutefois refusé à donner plus de détails avant le retour mercredi à Washington du représentant américain à cette réunion, le secrétaire d'Etat adjoint chargé du Proche-Orient, William Burns, qui doit informer les représentants des familles des résultats de la réunion.
"D'après ce que je comprends"
Le Foreign Office britannique est lui aussi resté discret, affirmant comme Washington que la réunion avait été "utile". "Nous avons fait de nouveaux progrès, mais c'est maintenant aux délégations de consulter leurs capitales sur la prochaine étape", a déclaré un porte-parole du ministère britannique des Affaires étrangères. "C'est un processus très délicat et nous ne voulons pas le mettre en danger", a ajouté ce porte-parole britannique, allusion à de précédentes annonces de succès, restées sans suite. "D'après ce que je comprends, il y a eu un accord" a déclaré pour sa part Dan Cohen, dont la fille Theodora, qui était étudiante à l'université de Syracuse, dans l'Etat de New York, avait été tuée dans cet attentat perpétré contre un Boeing de la compagnie PanAm assurant la liaison Francfort New-York. Pour Claire Johnson, dont le mari préside "l'association des victimes du vol PanAm 103", un tel compromis "ne serait pas ce que nous demandons, mais nous réalisons que l'on ne pourra probablement pas obtenir mieux".
Levée des sanctions de l'ONU
Selon des diplomates américains, la réunion de Londres devait mettre au point les ultimes détails d'un accord permettant la levée des dernières sanctions imposées par l'Onu à la Libye et peut-être même le retrait de ce pays de la liste noire du gouvernement américain des Etats soutenant le terrorisme. "Le point nouveau, c'est qu'ils sont proches d'un accord", a déclaré un responsable américain qui a requis l'anonymat. "On est maintenant vraiment dans les discussions ultimes". Ce même responsable a toutefois souligné que tout accord arrêté à Londres devrait encore recevoir l'assentiment des gouvernements des trois pays, ainsi que celui des familles des victimes. Un autre responsable américain a affirmé que Washington espérait qu"'un règlement puisse enfin être atteint", mais a ajouté qu'il était encore loin d'être certain que cela soit le cas.
2,7 milliards de dollars
Aucun des deux responsables n'a voulu évoquer le montant des dommages et intérêts proposés par la Libye, mais l'an dernier des avocats des familles des victimes avaient révélé que Tripoli avait proposé des compensations atteignant 2,7 milliards de dollars. Les sanctions de l'Onu avaient été suspendues, mais non abandonnées, après la livraison par la Libye à un tribunal spécial écossais siégeant aux Pays-Bas de deux de ses ressortissants considérés comme les auteurs de l'attentat. L'attentat perpétré le 21 décembre 1988 au dessus de Lockerbie, en Ecosse, avait fait 270 morts: les 259 personnes à bord de l'avion et 11 habitants du village. La Libye avait été accusée d'avoir ourdi l'attentat, après une longue enquête et l'Onu lui avait imposé des sanctions. En janvier 2001, la cour écossaise avait déclaré coupable l'ancien agent secret libyen Abdel Basset Ali al-Megrahi, condamné à la prison à vie. Son co-accusé, Al Amine Khalifa Fhimah, avait été acquitté.
ericjeanloicbreton |
| 2003-03-12 07:48:54
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TERRORISME
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Mardi 11 mars 2003
PLAN ANTI-ATTENTATS
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 Le Parisien FAITS DIVERS, lundi 10 mars 2003, p. 13
Sécurité Un plan anti-attentats dévoilé par Nicolas Sarkozy
LE MINISTRE de l'Intérieur a annoncé, hier soir, que la France avait préparé un « plan précis » contre d'éventuelles menaces terroristes consécutives à une guerre en Irak. Nicolas Sarkozy, invité de « France Europe Express », sur France 3, a estimé à 2 000 le nombre de lieux de culte et autres à protéger : 700 pour la communauté juive et 1 300 pour la communauté musulmane. « Dans la communauté musulmane, la situation n'est pas bonne », a reconnu le ministre. Il a noté qu'« une partie de la communauté nationale craint l'Islam et les musulmans », avec cette conséquence qu'« une grande partie des musulmans en France se sentent victimes d'amalgame et de racisme », a-t-il ajouté. En matière de terrorisme, « depuis l'automne 2002, nous avons arrêté trente personnes », a indiqué Nicolas Sarkozy, en estimant que, depuis 2001, la France était « passée à côté de quatre attentats ». Le plus récent visait, semble-t-il, des intérêts russes à Paris, durant les fêtes de fin d'année. Il a été évité grâce à l'arrestation des commandos islamistes de Romainville et de La Courneuve (Seine-Saint-Denis), pour venger la mort des preneurs d'otages tchétchènes du théâtre de Moscou. A cet égard, le ministre de l'Intérieur a rendu hommage au pool des magistrats antiterroristes et aux services de renseignements français : la Direction de la surveillance du territoire, le contre-espionnage français et les renseignements généraux, « qui effectuent un travail remarquable », a-t-il souligné. Ces services vont bénéficier « de 250 personnes supplémentaires ». Nicolas Sarkozy a également profité de l'émission télévisée pour annoncer l'installation des communautés de brigades de gendarmerie avant juillet prochain, soit un an après avoir promis leur création. Ce dispositif permettra de rassembler, sous commandement commun, les plus petites unités de gendarmerie dans les cantons, pour mieux faire face à l'insécurité. Les gendarmes seront en outre dotés de 600 gilets pare-balles, tandis que 4 000 véhicules neufs seront commandés cette année.
Catégorie : Actualités Taille : Court, 232 mots
© 2003 Le Parisien. Tous droits réservés.
Doc. : 20030310PA195913917
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ericjeanloicbreton |
| 2003-03-11 09:21:28
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TERRORISME, VIGIPIRATE, SECURITE
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Vendredi 7 mars 2003
TERRORISME

AL QAIDA Ben Laden se cache au Pakistan
La capture du chef terroriste serait imminente, selon certaines sources. En attendant, la presse pakistanaise s’inquiète de la présence des enquêteurs américains sur son sol.
“Les services de renseignements pakistanais et américains ont une assez bonne idée de l’endroit où se trouve Ben Laden : soit au Baloutchistan, à la frontière sud-ouest entre l’Iran, le Pakistan et l’Afghanistan ; soit au Chitral, dans les montagnes qui bordent la frontière nord-ouest entre le Pakistan et l’Afghanistan, à 300 kilomètres d’Islamabad”, annonce “Dawn”. L’enquête avance rapidement depuis l’arrestation, samedi 1er mars, de Khaled Cheikh Mohammed porteur d’un passeport pakistanais mais d’origine koweïtienne , présumé numéro trois d’Al Qaida. Lors de cette arrestation, des lettres d’Oussama Ben Laden ont été retrouvées. “Si les informations obtenues sont justes, alors ce dernier ne pourra plus se cacher pour longtemps”, poursuit le quotidien pakistanais.
Selon “The News”, “une vaste opération a été menée jeudi 6 mars au Baloutchistan, et neuf personnes suspectées d’appartenir à Al Qaida ont été arrêtées. Il serait même probable que Ben Laden ou son fils aient été capturés pendant cette opération”, avance ce journal sur la foi de rumeurs non vérifiées. Une chose est sûre : les recherches s’intensifient et l’étau se resserre grâce aux révélations de Mohammed et aux pièces (des CD-ROM, un ordinateur, des carnets d’adresses) saisies lors de son arrestation. Toujours selon “The News”, Mohammed aurait déclaré pendant son interrogatoire ne pas connaître le lieu exact où se trouve Ben Laden, mais il aurait affirmé avoir eu des contacts avec lui pendant le mois de février via une chaîne de messagers.
Les Américains restent prudents
“Les espoirs d’une avancée dans la recherche de Ben Laden sont renforcés par les informations rapportant que le directeur de la CIA, George Tenet, aurait rencontré le président pakistanais, Pervez Musharraf, cette semaine au Pakistan”, relate pour sa part “The New York Times”. Mais le quotidien américain nuance aussitôt son propos et reste prudent. En effet, Tenet effectue dans le Golfe une tournée prévue depuis longtemps, et son passage au Pakistan ne serait pas lié à une éventuelle capture de Ben Laden : il aurait souhaité féliciter le président pakistanais de l’arrestation de Khaled Cheikh Mohammed et d’autres membres d’Al Qaida.
Les documents trouvés dans la maison de Mohammed ont été envoyés à Washington, et les enquêteurs et les experts sont en train de les examiner. “Les responsables ont prévenu que l’arrestation de Ben Laden n’était pas imminente”, note le “NY Times”. Néanmoins, ils sont optimistes et espèrent pouvoir déjouer des complots terroristes et arrêter d’autres leaders appartenant au réseau Al Qaida. “Selon un responsable pakistanais, l’arrestation de Khaled Cheikh Mohammed a été possible parce qu’il aurait été trahi par un membre du réseau”, relève le “NY Times”. L’homme n’a pas donné d’autres précisions mais il a affirmé : “Khaled sait qui l’a laissé tomber.”
“Tôt ou tard, le Pakistan devra rétablir son indépendance”
En tout cas, “les Pakistanais peuvent être fiers de leur contribution à la lutte contre le terrorisme”, écrit “The News”, en citant le Premier ministre Jamali. Ce dernier a conseillé aux médias pakistanais de “ne pas tout attribuer au FBI. Les services pakistanais et américains travaillent ensemble, mais sur le terrain l’implication directe de Blancs américains est évitée.” Pour “The News”, il est important “que ces opérations antiterroristes soient menées d’une façon crédible et dans le respect de la loi. Chaque avancée doit être révélée et expliquée à travers la presse, notamment en ce qui concerne les liens possibles entre Al Qaida et la Jamaat.” Ce parti islamiste pakistanais, ainsi que des organisations pakistanaises de défense des droits de l’homme, précise “The News”, sont très critiques quant “au rôle du FBI au Pakistan”.
“Les Etats-Unis ont pris l’habitude de considérer le Pakistan comme un terrain acquis. Ils procèdent à des arrestations de ses citoyens et n’ont aucun scrupule à violer sa souveraineté”, enchaîne “The Nation”. Pour le moment, il n’y a pas d’autre choix, poursuit le quotidien, “mais tôt ou tard le Pakistan devra rétablir son indépendance”.
HSY
© Courrierinternational.com
ericjeanloicbreton |
| 2003-03-07 10:03:11
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TERRORISME
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Vendredi 28 février 2003
GRECE
• LE MONDE | 28.02.03 | 13h30
La Grèce tourne la page du terrorisme avec le procès du mystérieux groupe du "17-Novembre"
Athènes de notre correspondant
La Grèce s'apprête à tourner l'une des pages les plus douloureuses de son histoire. Elle jugera, à partir du lundi 3 mars, dans un procès qui devrait durer plusieurs mois, 18 hommes et une femme, accusés d'appartenir à l'un des plus dangereux groupes terroristes, l'"Organisation révolutionnaire du 17 novembre". Ce groupe est notamment accusé d'avoir commandité, de 1975 à 2000, 23 assassinats, tous commis à Athènes.
Pendant un quart de siècle, la Grèce a vécu avec ce groupe mystérieux qui a mis à mal l'image du pays, régulièrement dénoncé pour son laxisme en matière de lutte contre le terrorisme. Jusqu'au 29 juin 2002, quand un homme est arrêté sur le port du Pirée. Un engin explosif vient de lui exploser dans les mains. Les enquêteurs retrouvent sur les lieux un Smith et Wesson de calibre 38. L'arme appartenait à un policier assassiné en décembre 1984 par le groupe "17-Novembre".
Pour la première fois, la police tient enfin un membre présumé du groupe. Il s'agit de Savvas Xiros, 40 ans, peintre d'icônes religieuses. Dans les deux mois qui suivent, la police procède à des vagues d'arrestations et met la main sur l'arsenal du groupe, caché dans deux planques à Athènes. Début juillet, la brigade antiterroriste interpelle, sur la petite île de Lipsi, dans le sud-est de la mer Egée, Alexandre Giotopoulos. L'homme est, selon la police, le fondateur et chef historique du groupe, connu sous le nom de code Lambros.
Né à Paris, Alexandre Giotopoulos, 58 ans, vivait depuis les années 1970 sous le pseudonyme de Michel Oikonomou. L'itinéraire complexe de cet homme sera l'un des enjeux de ce procès. Engagé dans la lutte contre la dictature des colonels, actif dans plusieurs mouvements clandestins à l'époque, il rentre en Grèce lorsque la junte militaire s'effondre, en juillet 1974. Alors que la quasi-totalité des militants abandonne la lutte armée et l'action clandestine, certains refusent le jeu de la "démocratie bourgeoise".
Alexandre Giotopoulos choisi la voie la plus radicale et fonde le groupe "17-Novembre", organisation clandestine marxiste et anti-impérialiste. Le choix de nommer ce groupe "17-Novembre" sera un puissant élément de confusion, dans l'imaginaire national grec, entre les actes criminels de ses membres et les références à la résistance. Car il renvoie à l'épisode le plus glorieux de la lutte contre la junte militaire : la répression dans le sang, le 17 novembre 1973, de la révolte des étudiants de l'Ecole polytechnique d'Athènes.
500 TÉMOINS
Au fil des années et de ses communiqués, l'idéologie du groupe dérive vers l'ultra-nationalisme. Attaques de banques, attentats à la bombe et assassinats se succèdent. Les cibles premières sont les diplomates et militaires américains, les diplomates turcs, les représentants de la droite grecque, des industriels... En juin 2000, l'assassinat de l'attaché militaire britannique, Stephen Saunders, marque le début de la fin.
Les autorités grecques doivent subir la colère des autorités britanniques. Depuis des années les Américains demandent que les enquêtes aboutissent. Des moyens exceptionnels sont mobilisés, services britanniques et américains viennent en renfort. Le premier ministre, Costas Simitis, est déterminé à rétablir l'image de son pays : de nouvelles lois contre le crime organisé sont votées, la brigade antiterroriste est réorganisée, de nouveaux responsables nommés.
Les résultats ne se font pas attendre. Quand Savvas Xiros est arrêté le 29 juin 2002, la brigade antiterroriste est prête. La plupart des terroristes présumés ont été repérés et sont suivis. Les policiers arrêtent 19 personnes, inculpées de multiples crimes et placées en détention dans des cellules de haute sécurité, construites spécialement dans la grande prison de Korydallos, près du Pirée.
La plupart d'entre eux, hormis Giotopoulos, Koufontinas et Papanastasiou, parlent, beaucoup, se rétractent aussi... Le démantèlement du groupe provoque un choc dans tout le pays. Costas Simitis est satisfait, le président George Bush aussi et l'en félicite.
Mais ancien militant, lui-même poseur de bombes sous la dictature, le chef du gouvernement grec met en garde, dès le début de l'enquête, contre les amalgames et une mise en cause générale des anciens résistants à la dictature des colonels. Une centaine d'entre eux dénoncent la confusion entre leur combat et les menées terroristes du "17 Novembre".
Le procès se tiendra à Korydallos dans une salle spécialement aménagée. Le dossier contient plus de 50 000 pages, et 500 témoins seront appelés à comparaître. La rapidité de l'enquête et les conditions de détention des accusés sont dénoncées par la défense et les proches des inculpés.
Yannis Rahiotis, avocat d'Alexandre Giotopoulos, dénonce une procédure d'exception, et "l'effondrement du système institutionnel, dangereux pour l'avenir". Selon lui, son client et les autres détenus "vivent dans des conditions d'isolement complet visant à dégrader leur personnalité. Les avocats ne sont pas en mesure d'exercer leur rôle". Les éléments rassemblés contre Giotopoulos sont "très très faibles", ajoute-t-il. Depuis son arrestation, Alexandre Giotopoulos a tout nié. Dans un texte transmis à un journal grec, en décembre 2002, il a simplement décrit ses conditions de détention comme "cauchemardesques". Et il se disait alors "condamné d'avance".
Didier Kunz
• ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 01.03.03
• LE MONDE | 28.02.03 | 13h30Les "amis parisiens" contestent les accusations
La france occupe une place de choix dans les enquêtes menées en Grèce sur le groupe "17-Novembre". Plusieurs suspects parmi les plus en vue ont en effet vécu en exil à Paris, au tournant des années 1960-1970. A l'époque, ils luttaient contre la dictature militaire et fréquentaient l'ultra-gauche française. Trente ans plus tard, à l'heure où la justice de leur pays les soupçonne de dérive terroriste, certains de leurs amis de jeunesse, grecs ou français, contestent ces accusations. Tout en condamnant les actions du 17-Novembre, ils dénoncent le climat de "chasse aux sorcières" régnant, selon eux, autour de cette affaire.
Diverses pétitions, très critiques à l'égard du système judiciaire et des médias grecs, circulent depuis quelques semaines dans les milieux universitaires parisiens. Elles appellent au respect de la présomption d'innocence et des "principes démocratiques". Cette mobilisation est cependant moins homogène qu'il n'y paraît. Plusieurs réseaux s'activent en parallèle, sans pour autant s'opposer.
Le premier, très lié à la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), vise à soutenir deux des suspects : Théologos Psaradellis, un ancien militant trotskiste, accusé notamment d'être l'idéologue du groupuscule d'extrême gauche ; et Yannis Serifis, un syndicaliste de renom, libéré sous caution dans l'attente du procès. L'un et l'autre ont vécu à Paris. L'un et l'autre jurent de leur innocence. Ces dernières semaines, plusieurs personnalités ont signé un appel en leur faveur. Citons les députés européens Alain Krivine (LCR) et Harlem Désir (PS), le philosophe Daniel Bensaïd, également membre de la LCR, l'historien Pierre Vidal-Naquet ou encore les écrivains Gilles Perrault et François Maspero...
Les signataires, qui affichent leur hostilité à "l'idéologie étroitement nationaliste" du 17-Novembre, disent leur "inquiétude" devant le fait que bien des exilés d'autrefois – la petite communauté des "parisiens"– soient désormais "montrés du doigt". Selon eux, il n'existe pas la "moindre preuve" de "l'engagement terroriste" de MM. Serifis et Psaradellis. Ce dernier reconnaît simplement sa participation, en 1983, à un hold-up qu'il qualifie de "politique" ("sans morts ni blessés", précisent ses amis), mais qui n'aurait aucun lien, à l'entendre, avec le 17-Novembre.
"CHEF-D'ŒUVRE D'ARBITRAIRE"
Eléni Varikas, maître de conférences à l'université Paris-VIII et amie de M. Psaradellis, est à l'origine de cet appel daté du 2 janvier. Elle assure que "Théo" n'a "jamais tué une mouche". Au-delà, Mme Varikas évoque son "sentiment de malaise" devant la manière dont ce dossier est traité dans son pays : "Je me suis rendue en Grèce pour rencontrer les avocats, tenter d'en savoir davantage. L'acte d'accusation est un chef-d'œuvre d'arbitraire !" Une conviction que partage l'économiste Catherine Samary, membre de la LCR, également très liée à M. Psaradellis et à son épouse française : "J'ai étudié l'acte d'accusation. Je suis très choquée, tant sur le fond que sur la forme. Ils transforment la résistance de Théo contre la dictature en cause de suspicion. Et les chefs d'inculpation n'ont cessé d'évoluer. On lui attribue une nouvelle affaire chaque fois qu'à l'évidence la précédente ne tient pas !"
L'appel du 2 janvier n'évoque pas le sort d'un autre homme dont la compagne est française : Alexandre Giotopoulos. La justice grecque le soupçonne d'être le chef du 17-Novembre ; ce qu'il conteste. Son cas, beaucoup plus complexe que les précédents, suscite davantage de prudence et ne mobilise pas tout à fait les mêmes personnes en France. M. Giotopoulos, décrit par ses amis comme un "intellectuel brillant", n'a semble-t-il jamais eu de liens avec la LCR. Du temps où il vivait à Paris, il était secrétaire de l'Association des étudiants hellènes de France.
Ses soutiens parisiens – le deuxième "réseau"– sont amicaux avant d'être politiques. Plusieurs universitaires, qui ont connu son épouse quand elle travaillait comme secrétaire à Paris-VII (Jussieu), ont ainsi signé un texte appelant au "respect des droits des prisonniers en Grèce" et dénonçant leurs conditions de détention. Parmi les signataires figurent notamment les mathématiciens François Conduché, Daniel Meyer et Jean Malifaud.
A l'approche du procès, les étudiants grecs de Paris s'intéressent également à l'affaire. A leur initiative, une réunion s'est tenue, samedi 22 février, dans la capitale, en présence de représentants des deux "courants" évoqués plus haut. A l'issue de cette rencontre, un texte commun a été diffusé. Il ne fait mention d'aucun des trois suspects concernés (ni M. Psaradellis, ni M. Serifis, ni M. Giotopoulos) mais rappelle qu'un "procès équitable est un droit élémentaire".
Philippe Broussard • ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 01.03.03 |
ericjeanloicbreton |
| 2003-02-28 13:03:25
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