SECURITE ET DEFENSE PAR ERIC JL BRETON
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Publié le lundi 2 juin 2003

Lundi 2 juin 2003

ARMEMENT
AFP Général Général; International, lundi 2 juin 2003 L'armée américaine estime que des mosquées servent de caches d'armes BAGDAD (AFP) - La coalition américano-britannique a accusé lundi des Irakiens de cacher des armes dans des mosquées et d'utiliser ces lieux de culte pour lancer des attentats contre ses troupes. "Les mosquées sont des lieux de culte mais il y a des gens qui y cachent des armes et utilisent ces lieux pour attaquer (nos) forces", a affirmé la radio de la coalition. S'adressant à la population irakienne, elle a indiqué que "ces attaques ne touchent pas seulement les forces de la coalition mais aussi des Irakiens innocents qui parfois trouvent la mort". "Ces gens qui cachent les armes violent le caractère sacré de ces lieux saints en commettant des attaques armées à partir des mosquées et risquent d'être responsables de leur destruction" dans des échanges de tirs qui peuvent s'ensuivre, a poursuivi la radio. Dimanche, deux Irakiens ont été tués et deux soldats américains blessés dans une attaque à la grenade devant une mosquée sunnite à Bagdad. Les 22 mai, une escouade américaine a été la cible d'un tir de roquette RPG tiré à partir d'une mosquée dans la ville de Falloujah, à 50 km à l'ouest de Bagdad. "Ces violences menées à partir des lieux de culte sont en contradiction avec les valeurs divines et il faut les dénoncer", a ajouté la radio de la coalition à l'adresse de la population. "Les forces de la coalition respectent tous les lieux saints et l'ont prouvé en les préservant durant l'opération de libération de l'Irak. Elles reconnaissent le caractère sacré de ces lieux mais cela ne donne pas le droit à ces criminels de les utiliser pour commettre des attentats", a-t-elle souligné. Elles demandent aux Irakiens de transmettre aux forces de la coalition toutes les informations "sur ces groupes lâches afin de permettre d'arrêter ces gens dangereux". kt/sk/tp/tq tf Catégorie : Actualités Sujet(s) - AFP Général : Irak; USA; mosquées; armes Heure de publication : 07:41 GMT Taille : Court, 230 mots © 2003 AFP. Tous droits réservés. Doc. : 20030602AF0FRS185_153_094200

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-06-02 14:17:13
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Lundi 2 juin 2003

LE FOULARD
AFP Général International, lundi 2 juin 2003 Le ministre de l'Intérieur autorise le foulard islamique sur les passeports MOSCOU (AFP) - Le ministre russe de l'Intérieur Boris Gryzlov a autorisé par décret le port du foulard islamique sur les photos destinées aux documents d'identité, mettant fin à une polémique qui avait été portée en justice par des femmes musulmanes du Tatarstan, a-t-on appris lundi auprès du ministère. "Les citoyens dont la religion interdit qu'ils apparaissent en public la tête découverte sont autorisés à avoir la tête couverte sur la photo de leur carte d'identité à la condition que leur visage ne soit pas masqué", a déclaré lundi le ministre de l'Intérieur, cité par Interfax. Le 15 mai dernier, la chambre de cassation de la Cour suprême russe avait décidé que le port du foulard islamique était autorisé sur les photos d'identité, cassant une décision inverse de la chambre civile de la Cour. Cette décision faisait suite à une plainte de dix femmes de la république à majorité musulmane du Tatarstan contre le ministère de l'Intérieur, qui refusait d'accepter pour leurs papiers d'identité des photographies les représentant la tête recouverte d'un foulard. Les plaignantes arguaient que, selon le Coran, une femme musulmane devait à partir de l'âge de 13 ou 14 ans porter en public des vêtements cachant toutes les parties de son corps hormis le visage et les mains. La police avait alors souligné que le foulard compliquait l'identification des personnes, alors que "la photo d'identité doit comporter le maximum de signes d'identification". Le président Vladimir Poutine s'était également prononcé contre le port du foulard islamique sur les documents d'identité. Quelque 20 millions de musulmans vivent en Russie, soit environ un habitant sur sept. ig/lpt/ai eaf Catégorie : Politique nationale et internationale Sujet(s) - AFP Général : Russie; religion; islam; foulard Heure de publication : 12:41 GMT Taille : Court, 208 mots © 2003 AFP. Tous droits réservés. Doc. : 20030602AF0FRS560_153_144128

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-06-02 14:13:17
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Lundi 2 juin 2003

MAFIA
La Croix ECONOMIE ET ENTREPRISES, lundi 2 juin 2003, p. 17 L'ÉCONOMIE SOLIDAIRE. Des coopératives siciliennes ont inventé les spaghettis antimafia. Des associations mettent en valeur les terrains agricoles confisqués aux parrains de la mafia sicilienne. Rome, de notre correspondante. LE NIR Anne « Pendant que Rome bavarde, Palerme est prise d'assaut par ses ennemis. » Cette phrase, prononcée par l'archevêque de Palerme, le cardinal Salvatore Pappalardo, lors de l'oraison funèbre du général Carlo Alberto Dalla Chiesa, assassiné par la Mafia en 1982, résonna dans toute la Sicile comme la première prise de position, ouvertement déclarée, de l'Église contre Cosa Nostra, la Mafia sicilienne. Plus de vingt ans après, des dizaines d'associations catholiques mènent à leur manière un combat sans relâche contre la criminalité organisée. Parmi elles, l'association Libera, fondée par Don Luigi Ciotti, gère des biens confisqués aux « boss » mafieux par l'État, en vertu d'une loi adoptée en 1996. Ces biens, ce sont essentiellement des édifices et des terrains agricoles situés en Sicile dans les environs de Corleone, le berceau du « parrain des parrains », Totto Riina, ou près de San Giuseppe Jato, Castelvetrano et Piana degli Albanesi, autres fiefs historiques de Cosa Nostra. Laissées à l'abandon pendant des décennies, les propriétés des « boss » sont donc recyclées par des coopératives dont une, qui porte le nom de « Placido Rizzotto » en hommage à un syndicaliste assassiné par la mafia, s'est spécialisée dans l'agriculture biologique. Des dizaines de jeunes Siciliens ont été embauchés pour cultiver les terres (plus de 53 hectares) et c'est ainsi que sont nées les premières « pâtes antimafia ». Elles sont commercialisées sous la marque « Libera-terra » (terre libre) dans les points de ventes de la chaîne alimentaire CoopItalia et dans de nombreuses boutiques de commerce solidaire. Ces spaghettis, penne et macaronis sont produits avec un blé dur, très riche en protéines et sont fabriqués artisanalement dans le respect le plus scrupuleux des traditions ancestrales. « On peut vivre en Sicile sans se plier au culte de la violence » « Nos pâtes sont tirées à la main sur des grilles en cuivre, puis on les fait sécher naturellement pendant plus de quarante heures. Ces procédés, et bien sûr la qualité de la matière première, leur confèrent une saveur bien différente des pâtes fabriquées industriellement », raconte Gianluca Faraone, un des responsables du laboratoire de la coopérative qui se situe au coeur de Corleone. Les débuts n'ont pas été faciles, reconnaît Gianluca. « La coopérative a dû surmonter de nombreux obstacles. Ainsi, nous avons mis un certain temps pour convaincre les bergers de cesser de porter leurs troupeaux de brebis sur les terres qui nous ont été confiées et nous avons dû lutter pour obtenir la confiance des mécaniciens qui refusaient de réparer nos tracteurs, par peur de rétorsions. Heureusement, nous sommes entourés de jeunes qui se montrent très motivés et qui ont compris que l'on peut vivre en Sicile sans se plier au culte de la violence. » Vu le succès remporté par les spaghettis anti-Mafia, la coopérative « Placido Rizzotto » a décidé de produire aussi de l'huile d'olive extra-vierge, du miel et même des melons biologiques. Une autre coopérative, qui s'emploie également à faire renaître les terres confisquées aux mafiosi, s'est lancée dans la production de vin antimafia. « Le temple du mont Jato » est un délicieux vin blanc sec, issu des vignes plantées sur les collines de Monreale. Là encore, l'enthousiasme et la volonté de rompre avec la culture de l'illégalité, l'emportent sur la peur. Cette coopérative a d'ailleurs l'ambition de créer un agriturismo, centre de tourisme agraire, en mesure d'offrir à ses hôtes toutes les spécialités gastronomiques et oenologiques antimafia. Anne LE NIR La confiscation est autorisée par une loi de 1996 La loi adoptée par le Parlement italien en 1996 prévoit que les biens confisqués à la Mafia peuvent être destinés à des usages socialement utiles. Sur un total de 8 835 biens confisqués à la Mafia, 7 363 sont situés en Sicile. Catégorie : Économie Sujet(s) uniforme(s) : Crime organisé; Cuisine et restaurants Sujet(s) - La Croix : ASSOCIATION; TERRE; AGRICULTURE; MAFIA Lieu(x) géographique(s) - La Croix : ITALIE; ROME; SICILE Taille : Moyen, 490 mots © 2003 la Croix. Tous droits réservés. Doc. : 20030602LC0030602LC_inx057

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-06-02 14:03:19
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Lundi 2 juin 2003

LE SANG CONTAMINE
La Croix L'ESSENTIEL, lundi 2 juin 2003, p. 2 Les familles de victimes du sang contaminé écrivent à Dominique Perben. Des familles de victimes de l'affaire du sang contaminé ont publié une lettre ouverte au ministre de la justice Dominique Perben, dans l'édition datée samedi et dimanche du Monde. Elles craignent que l'affaire ne soit « jamais jugée », et demandent à être reçues. Jeudi, la Cour de cassation doit examiner le volet dit « non ministériel » du dossier (mise en examen de médecins, responsables de santé publique, directeurs de cabinet ministériel), après le non-lieu général rendu par la cour d'appel de Paris, en juillet 2002. Plus de quinze ans après les faits, certaines familles attendent toujours un procès devant une cour d'assises. Catégorie : Actualités Type(s) d'article : BREVE Taille : Court, 83 mots © 2003 la Croix. Tous droits réservés. Doc. : 20030602LC0030602LC_inx009

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-06-02 14:02:35
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Lundi 2 juin 2003

G8
Un plan de renforcement de la sécurité Les pays membres du G8 devaient rendre public, lors de leur sommet se concluant mardi 3 juin à Evian, un plan d'action contre la prolifération des armes de destruction massive, a indiqué, dimanche, un porte-parole de la délégation du premier ministre britannique Tony Blair. Ce plan doit en particulier limiter l'usage de matériels faiblement radioactifs, comme on en trouve dans les machines à rayons X, et qui, une fois collectés en quantité suffisante, peuvent être utilisés dans la fabrication de "bombes sales". Le G8 va proposer de nouvelles mesures de sécurité dans les aéroports telles que l'utilisation d'appareils de détection biométriques, utilisant les traits physiques comme l'iris de l'oeil pour vérifier les identités. D'autres mesures renforçant la sécurité du transport de conteneurs sont également prévues. Le G8 s'était engagé, lors de son précédent sommet au Canada en 2002, à débloquer quelque 20 milliards de dollars pour lutter contre la prolifération d'armes de destruction massive, un sujet prioritaire à Evian, selon Tony Blair. La plus grande partie de cette somme a déjà été promise par les pays du G8, mais elle doit encore être confirmée. - (AFP.) Catégorie : Politique nationale et internationale Sujet(s) uniforme(s) : Armes et armements; Politique extérieure et relations internationales Taille : Moyen, 537 mots © 2003 SA Le Monde. Tous droits réservés. Doc. : 20030603LM0Q0306_630022

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-06-02 14:01:21
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Lundi 2 juin 2003

IRAN
L'Iran réaffirme son refus d'inspection de ses sites nucléaires LEMONDE.FR | 02.06.03 | 12h44 • MIS A JOUR LE 02.06.03 | 13h21 Le président américain, George W. Bush, s'est dit "préoccupé par les développements du programme nucléaire iranien" et a appelé Téhéran "à se conformer à ses obligations au regard du traité de non-prolifération nucléaire", dimanche 1er juin à Saint-Petersbourg. L'Iran, soupçonné de vouloir la bombe atomique, a persisté, lundi 2 juin, dans son refus de fournir des garanties supplémentaires de sa bonne foi, les conditionnant à une assistance technologique que les Occidentaux ne sont pas disposés à apporter à son programme nucléaire civil. Malgré une pression internationale accrue, Téhéran ne signera pas le protocole additionnel au traité de non-prolifération (TNP), qui permettrait des inspections inopinées et poussées de ses installations, tant que les Occidentaux "ne (lui apporteront) pas leur assistance dans le secteur nucléaire, comme ils sont tenus de le faire par le TNP", a déclaré devant la presse le porte-parole du ministère des affaires étrangères, Hamid Reza Assefi, au lendemain du sommet Bush-Poutine. L'Iran est signataire du TNP, mais pas de son protocole additionnel, institué après la guerre du Golfe de 1991 quand l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) s'est rendu compte que l'Irak, signataire du TNP, n'en avait pas moins mené en secret un programme d'armement nucléaire. Les inspecteurs de l'AIEA n'ont ainsi, après s'être dûment annoncés, qu'un accès limité aux sites nucléaires que l'Iran leur a lui-même déclarés. Malgré ses dénégations, l'Iran est en butte à la suspicion croissante que la construction en cours ou prévue de ses premières centrales civiles couvre un plan pour posséder l'arme atomique. "SE CONFORMER À SES OBLIGATIONS" Les appels du G8, de l'Union européenne ou encore de la Russie à signer le protocole additionnel renforcent la pression exercée sur l'Iran par les Etats-Unis, qui l'accusent aussi d'abriter des membres d'Al-Qaida et d'entraver la paix entre Israéliens et Palestiniens et en Irak. Dimanche à Saint-Pétersbourg, le président américain, George W. Bush, s'est dit "préoccupé" et a exhorté Téhéran "à se conformer à ses obligations". Lors de ce sommet, les Etats-Unis, qui n'ont cessé de peser sur la Russie pour qu'elle mette un terme à sa collaboration nucléaire avec l'Iran, ont cette fois "conseillé" à Moscou de la "ralentir", selon un haut diplomate américain. Le chef de la diplomatie russe, Igor Ivanov, dont le pays construit la première centrale civile iranienne, a joint sa voix aux appels à l'Iran à signer le protocole."Si la Russie est inquiète, nous sommes prêts à discuter avec elle", a dit M. Assefi. Mais il a aussi souligné que "les Russes ont des engagements envers nous et (qu'ils) doivent les respecter", reflétant l'inquiétude iranienne que leurs partenaires ne cèdent aux instances américaines. Confronté à l'argument américain selon lequel les Iraniens ont suffisamment de pétrole pour pouvoir se passer du nucléaire, M. Assefi a répondu que "les Américains eux-mêmes avaient proposé à l'ancien régime (du chah) de lui construire des centrales". RÉPLIQUE IRANIENNE M. Assefi a aussi mis les Américains face à leurs propres contradictions vis-à-vis d'Al-Qaida : "Les Américains doivent présenter de larges excuses à la communauté internationale pour le soutien qu'ils ont apporté à Al-Qaida." Il faisait référence à l'époque des années 1980 où les Etats-Unis aidaient financièrement les groupes islamistes et les volontaires arabes combattant les Soviétiques en Afghanistan, dont le réseau a généré Al-Qaida. L'Iran, qui argue quant à lui de son engagement constant contre Al-Qaida et les talibans, est en butte aujourd'hui aux accusations des Etats-Unis d'aider ou, au moins, de ne pas participer activement au combat contre l'organisation terroriste. Selon des conversations téléphoniques interceptées par le renseignement américain, les attentats qui ont fait 35 morts, dont neuf Américains et neuf kamikazes, le 12 mai à Riyad, pourraient avoir été dirigés d'Iran par des membres d'Al-Qaida. Téhéran s'est toujours défendu contre de telles incriminations, affirmant avoir expulsé vers leur pays d'origine 500 individus suspects de liens avec le réseau depuis l'automne 2001. L'Iran vient cependant de reconnaître détenir dans ses prisons "une poignée" d'individus que les Américains soupçonnent d'être des dirigeants d'Al-Qaida. M. Assefi, dont le pays n'a jusqu'à présent fourni aucune précision sur ces prisonniers, sinon qu'ils avaient été arrêtés avant les attentats de Riyad et ne pouvaient donc être impliqués, a redit, lundi, qu'ils étaient en cours d'identification. Avec AFP --------------------------------------------------------------------------------

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-06-02 12:34:09
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Lundi 2 juin 2003

CORRUPTION
La Commission adopte une position ferme contre la corruption DN: IP/03/777 Date: 02/06/2003 TXT: FR EN DE PDF: FR EN DE DOC: FR EN DE IP/03/777 Bruxelles, le 2 juin 2003 La Commission adopte une position ferme contre la corruption La Commission européenne a adopté ce jour une communication sur une politique globale et cohérente de l'UE contre la corruption. Ce document, qui sera envoyé au Parlement européen, au Conseil et au Comité économique et social, invite les dirigeants européens à redoubler d'efforts dans la lutte contre cette forme de criminalité. S'exprimant à ce sujet, António Vitorino, commissaire européen chargé de la justice et des affaires intérieures, a déclaré: "La Commission a la ferme intention de réduire la corruption à tous les niveaux, que les actes en question aient lieu dans l'Union européenne, à l'extérieur de ses frontières ou au sein même des institutions communautaires. Les efforts accomplis pour combattre et prévenir la corruption ne pourront aboutir qu'à la condition que toutes les composantes de la société unissent leurs forces et qu'un personnel spécialisé suffisant soit affecté à cette tâche. Les initiatives qui seront prises à l'avenir devraient être centrées notamment sur des mesures préventives visant à éviter les conflits d'intérêts et à instaurer des vérifications et des contrôles systématiques." La lutte contre la corruption et la prévention de ce phénomène sont mentionnées dans le traité sur l'Union européenne comme un élément important dans la création d'un espace européen de liberté, de sécurité et de justice. C'est la raison pour laquelle le Conseil européen de Tampere, qui était exclusivement consacré au domaine de la justice et des affaires intérieures, ainsi que plusieurs plans d'action de l'UE sur la prévention et le contrôle du crime organisé ont invité la Commission et les États membres à mettre au point une approche pluridisciplinaire du phénomène de la corruption. Dans sa communication, la Commission demande que soient dépistés et poursuivis tous les actes de corruption, que les gains illicites soient confisqués et que les possibilités de recourir à la corruption soient réduites par le biais de structures administratives transparentes et responsables. Elle invite les États membres à mettre en oeuvre rapidement tous les instruments anticorruption communautaires et internationaux, en particulier les conventions de l'UE, de l'OCDE et du Conseil de l'Europe. La communication souligne à cet égard le rôle crucial que joueront les mécanismes de contrôle et d'évaluation par les pairs entre les pays participant à ces initiatives. En outre, la Commission attend des États membres et des institutions de l'UE qu'ils redoublent d'efforts dans la lutte contre la corruption préjudiciable aux intérêts financiers de la Communauté européenne. Quant à l'approche pluridisciplinaire du phénomène, la Commission recommande des stratégies de renforcement de l'intégrité à la fois dans le secteur public et le secteur privé et attire en particulier l'attention sur les groupes d'intérêts et de pression et la frontière, parfois très floue, qui existe entre l'expression légitime de leurs intérêts et le trafic d'influence. Enfin, afin de réduire le niveau de la corruption dans les pays en développement et les économies en transition, la Commission propose d'inclure 10 principes généraux dans les stratégies anticorruption nationales des pays adhérents et candidats ainsi que des autres pays tiers partenaires de l'UE.

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-06-02 12:25:18
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Lundi 2 juin 2003

DICK CHENEY ET LA FRANCE
AFFAIRES Cent quatre-vingts millions de dollars de commissions disparus dans un complexe gazier nigérian La justice française s'intéresse à l'ancienne société de Dick Cheney Eric Decouty [02 juin 2003] La diplomatie a des raisons que la justice ignore parfois. A l'heure du premier tête-à-tête entre GeorgeW. Bush et Jacques Chirac depuis la guerre d'Irak, le parquet de Paris est saisi d'un dossier visant la société américaine Halliburton à l'époque où elle était présidée par l'actuel vice-président des Etats-Unis Richard Cheney. La justice française s'interroge sur la destination réelle de 180 millions de dollars de commissions évaporées au milieu des années 90 lors d'un important contrat gazier au Nigeria. L'affaire décrite comme «extrêmement sensible» tant par sa dimension politique que par sa complexité technique et juridique prend son origine l'automne dernier dans le bureau du juge Renaud Van Ruymbeke. Le magistrat, qui enquête sur la société d'ingénierie Technip, recueille alors les confidences de son ancien directeur général, Georges Krammer. Celui-ci explique en substance qu'une «caisse noire» a été constituée sur l'île de Madère, «servant à alimenter les commissions offshore» (nos éditions du 2 octobre 2002). Quelques semaines plus tard, les services du procureur de la République de Paris décident l'ouverture d'une enquête préliminaire destinée à vérifier la réalité des propos de Krammer. Ce sont les résultats de ces investigations, achevées fin mars par la police financière, que le parquet de Paris examine actuellement avec la plus grande attention. L'essentiel de l'enquête porte sur les dessous d'un colossal projet d'usine de gaz naturel liquéfié au Nigeria. L'infrastructure dont la construction a été décidée fin 1995 à Bonny Island, dans la partie orientale du delta du Niger, est, aujourd'hui encore, considérée comme une des plus importantes au monde. Il s'agit en tout cas de la plus importante unité de liquéfaction de gaz d'Afrique noire. La mise en œuvre de ce projet, dont le développement se poursuit encore, est à l'initiative de la Nigeria liquified natural gas (NLNG) qui compte quatre actionnaires: la compagnie nationale des pétroles du Nigeria (49%), Shell (25,6%), TotalFinaElf (15%) et Agip international (10,4%). De par ses investissements et sa position au Nigeria, Shell joue depuis le début le rôle principal dans cette association. Une fois le projet décidé, s'effectue aussitôt le choix des sociétés chargées de réaliser le complexe. Un joint-venture est alors créé comprenant quatre groupes d'ingénierie: le français Technip, l'italien Snamprogetti, le japonais JGC et l'Américain Kellog Brown and Root (KBR), filiale d'Halliburton. Selon les multiples interlocuteurs entendus par les policiers, KBR est «l'incontestable maître d'œuvre», à la tête d'une entité baptisée TSKJ pour les quatre initiales des groupes concernés. Montant de la première tranche des travaux de l'usine construite par TSKJ: 2 milliards de dollars. Première particularité, le joint-venture est constitué à Madère ce qui lui permet d'être une société de droit portugais au statut fiscal avantageux. La seconde particularité a, en revanche, suscité plus d'interrogations chez les enquêteurs. Ils ont en effet découvert que TSKJ avait signé un «contrat d'assistance» avec une société parfaitement identifiée et domiciliée dans un paradis fiscal.Cette société aurait perçu en plusieurs versements 180 millions de dollars (à peu près autant d'euros et environ 1,2 milliard de francs). Cette rémunération correspondant à un peu moins de 10% du marché serait justifiée par les facilités que cet intermédiaire aurait obtenu pour le joint-venture auprès des autorités nigérianes, a expliqué un responsable de TSKJ aux enquêteurs. Mais la circulation de l'argent ne s'arrête pas là. Les 180 millions de dollars auraient ensuite été distribués sur de nombreux comptes offshore, dont les détenteurs demeurent inconnus. «Dès lors se posent deux questions, souligne-t-on de source judiciaire. Quelle est la réalité de la prestation de la société intermédiaire et quels sont les destinataires réels des 180 millions de dollars?» Interrogés dans le cadre de l'enquête préliminaire, de hauts dirigeants de Technip ont cependant affirmé que «l'opération était parfaitement régulière», même si le montage était le fait exclusif de KBR. Toujours est-il que le rapport des magistrats du parquet financier, destinataires des investigations policières, a été transmis à Yves Bot, le procureur de la République de Paris, qui devra décider des suites de l'affaire. Mais si «les nombreux éléments douteux» semblent justifier la demande de compléments d'enquête ou l'ouverture d'une information judiciaire, se pose d'ores et déjà la question de la compétence du tribunal de Paris. «A l'évidence, les faits qui se sont déroulés pour l'essentiel à Madère, concernent prioritairement une société américaine. Dans ces conditions, il s'agit donc avant toute chose de savoir si une juridiction française est habilitée à enquêter», explique-t-on de source proche du dossier. Une réponse pourrait être apportée dans les prochains jours, une fois prononcé le réquisitoire de l'affaire Elf. Objet de la curiosité de la justice française, Halliburton –vivement critiquée aux Etats-Unis pour avoir obtenu l'essentiel des marchés de remise en route de l'exploitation pétrolière irakienne – fait également l'objet d'une enquête de la SEC, la commission américaine des opérations de Bourse. C'est d'ailleurs dans le cadre de cette procédure que sa filiale KBR a reconnu, il y a quelques semaines, avoir versé un pot-de-vin de 2,4 millions de dollars à un employé du fisc nigérian pour bénéficier d'un traitement de faveur, dans le cadre de la construction de l'usine de gaz. La société négocie également avec le gouvernement nigérian, un redressement fiscal qu'elle voudrait ramener à 5 millions de dollars. Enfin, le groupe qu'a présidé Richard Cheney jusqu'en 2000, a annoncé la semaine dernière qu'il verserait 6 millions de dollars pour mettre un terme à vingt plaintes en action collective d'actionnaires. Reste maintenant à connaître l'avenir de la procédure française, les policiers n'ayant à ce jour pu entendre un seul dirigeant de KBR.

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-06-02 12:24:40
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Lundi 2 juin 2003

DISCOURS DE PERBEN
DISCOURS DU GARDE DES SCEAUX 59ème Congrès de la FNUJA GRENOBLE ---------- Jeudi 29 mai 2003 Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les Hauts magistrats, Monsieur le Préfet, Mesdames, Messieurs les Bâtonniers, Mesdames, Messieurs, Je tiens tout d’abord, Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs, à vous remercier vivement de votre accueil, et à vous dire tout le plaisir que j’ai de me trouver aujourd’hui parmi vous à l’occasion de votre 59ème congrès. Monsieur le Président, vous venez de livrer votre perception de notre relation, en faisant la chronique d’une idylle tumultueuse, faite d’indifférence, d’outrage, d’attention et de séduction. Et votre discours, en effet, avait tout du discours amoureux. Ce qui caractérise le discours amoureux, on le sait, c’est l’excès. Aveuglé par la passion, l’amoureux manque parfois de clairvoyance. Il est enclin à l’exagération. Il se perd à n’en plus finir dans l’interprétation angoissée, parfois paranoïaque, des signes. « M’aime-t-il ? », « M’a-t-elle remarqué ? », figures typiques du discours amoureux. Outre sa tendance à la sur-interprétation, l’amoureux est susceptible – c’est un écorché-vif. J’essaierai pour ma part d’éviter les excès de la passion. Entre vous et moi d’ailleurs, je ne crois pas qu’il doive être question d’amour ou de désamour. Trop d’énergie se perd dans les tumultes d’une relation passionnelle. Cela risquerait d’être dommageable à la poursuite de l’objectif considérable que nous avons en commun : la construction de la justice. La justice : dans nos relations, c’est bien ce troisième terme qui doit être primordial, celui qui doit polariser tous nos désirs. Cette Justice qui se construit, collectivement, inlassablement – avec le souci que l’institution Justice soit toujours, et toujours plus, conforme à l’idéal de justice. Mesdames et Messieurs, je ne suis pas venu vous conter fleurette. Je suis venu vous proposer de travailler avec moi à la construction de l’institution et à la défense de l’idéal. Monsieur le Président, j’ai cru comprendre que vous étiez d’accord sur ce point : nous devons œuvrer ensemble, de concert, en bonne intelligence. La proposition n’est pas tout à fait nouvelle. Depuis mon arrivée au ministère de la Justice, j’ai appris à vous connaître, à connaître votre langage… Je vous ai écoutés et je vous ai associés à la prise de décision. Eh bien, je souhaiterais poursuivre dans la voie de la concertation – et approfondir le sens de notre collaboration. Mais pour commencer, je souhaiterais vous montrer que j’ai eu depuis mon arrivée au Ministère de la Justice un réel regard sur votre profession. Ceci en évoquant certaines mesures que j’ai prises dont je sais qu’elles vous tenaient à cœur. Et en expliquant le sens des mesures qui ont suscité des critiques de votre part. Car pour obtenir votre concours, il me faudra d’abord calmer votre courroux. En fait, tout comme vous Monsieur le Président après avoir fait le point sur le passé, je vous proposerai de contempler avec moi l’avenir. Avec la Loi « Professions », j’ai eu le souci d’œuvrer en faveur des avocats. En matière de formation des avocats, je crois que les avancées portées par ce texte sont considérables. Je sais que vous, jeunes avocats, y avez été sensibles. Concernant le cursus, le projet de loi, vous le savez, prévoit de supprimer le stage de deux ans à la sortie du CRFPA et d’instaurer à la place une formation en alternance d’une durée d’au moins dix-huit mois sanctionnée par le CAPA. À l’issue de ce cursus, le titulaire du CAPA prêtera serment, avant d’être directement inscrit au tableau de l’ordre en qualité d’avocat de plein exercice. Plus de stage initial donc, où l’on a la frustration d’être déjà sorti de l’école mais encore en formation. Par ailleurs, j’ai voulu introduire une nouvelle voie d’accès au CAPA : le contrat d’apprentissage. Cette nouvelle voie permettra, j’en suis convaincu, de diversifier les sources de financement de la formation des avocats en y associant l’entreprise. Concernant les programmes de l’examen d’entrée au CRFPA et du CAPA, des mesures réglementaires viendront en modifier le contenu. Bien sûr, votre profession sera associée à l’élaboration des textes d'application. Je crois qu’il serait important de donner une plus grande place, à côté de la formation à l’activité judiciaire des avocats, à tout ce qui a trait à l’activité de conseil. Je suis convaincu, et je sais que nous partageons cette conviction, Monsieur le Président, que l’adaptation de la formation aux exigences nouvelles du marché du droit était une nécessité et qu’elle servira les avocats français – notamment au sein de l’espace européen, espace ouvert, espace de concurrence donc. Mais pour faire face à la concurrence, il convient aussi que les avocats français disposent de structures plus performantes. J’ai bien conscience que le droit régissant l’exercice des professions libérales en société doit être repensé pour les avocats. Sur deux points en particulier. Premier point : il existe un trop grand nombre de formes de société pour l’exercice de la profession– et aucune n’offre véritablement un cadre attractif. Je crois qu’il conviendrait de simplifier les structures et de créer un mode d’exercice de la profession d’avocat qui lui permette d’être plus compétitive face à la concurrence internationale redoutable – ce qui est particulièrement important évidemment dans les moments de mauvaise conjoncture économique. À cet égard, la société d’exercice libéral (SEL), devait offrir des moyens de financement et de concentration, que n’offre pas la société civile professionnelle (SCP). Mais à l’évidence, la société d’exercice libéral n’a pas connu de réel succès, notamment pour des raisons fiscales. Deuxième point : le problème du coût d’entrée dans la profession. En France, le jeune avocat qui veut devenir associé doit acquérir des parts et s’endetter à cette fin. Le professionnel qui se retire lui vend ses parts en incorporant dans l’opération les fruits de son investissement personnel, l’importance de sa clientèle et son renom. Je crois que ce système de patrimonialité de la clientèle est un poids pesant sur la situation économique et sociale des professionnels français. Je pense que le temps est venu une réflexion approfondie sur ces différents points. J’aimerais y travailler avec vous dans les mois à venir. Puisque j’en suis à des aspects statutaires, je dirai un mot à propos des mesures relatives à la séparation des activités de conseil et de contrôle. Car elles concernent, quoique indirectement, ceux d’entre vous qui travaillent dans des réseaux pluri-disciplinaires. À la suite des affaires retentissantes que vous connaissez, l’association du conseil et du contrôle légal des comptes a été clairement dénoncée. Le projet de loi sur la sécurité financière entend renforcer la législation qui existait en la matière. Il rappelle l’interdiction pour les commissaires aux comptes de la prestation de tout conseil autre que ceux indispensables à la certification et renforce leurs obligations professionnelles en étendant ce principe à l’activité exercée en réseau. Ainsi, le commissaire aux comptes affilié à un réseau ne pourra plus accepter une mission de certification des comptes d’une société qui est conseillée, en quelque matière que ce soit, par un autre membre du réseau. Les commissaires aux comptes contrôlent, les avocats conseillent. Le texte va dans le sens d’une indépendance renforcée des professions – ce dont je crois nous devons ensemble nous féliciter. La cause majeure dont je sais qu’elle vous tenait à cœur et en faveur de laquelle vous ne pouvez pas dire que je n’ai pas agi, c’est l’aide juridictionnelle. Très tôt, je vous ai fait connaître que je ne poursuivrai pas dans la voie d’une aide juridictionnelle de masse qui n’assurerait pas aux justiciables une défense juste et efficace de leurs droits. Comme vous, je ne voulais pas d’une justice à deux vitesses. J’ai pris des engagements pour réformer l’aide juridictionnelle sur d’autres bases – et je les ai tenus. Je vous ai dit que je voulais harmoniser les pratiques en matière de rémunération des avocats désignés pour les mineurs délinquants. C’est fait : la notion de conflit d’intérêts entre le mineur et ses parents sera appréciée de manière souple de telle sorte que les avocats de mineurs délinquants puissent être systématiquement rétribués par l’aide juridictionnelle. Je vous ai dit que je voulais simplifier la demande d’aide juridictionnelle. C’est fait, par la voie de la même circulaire, que je viens de signer. Par le décret du 2 avril 2003, j’ai arrêté une méthode de calcul plus juste pour moduler le seuil d’éligibilité à l’aide juridictionnelle en fonction du nombre d’enfants à charge. Ce même décret met en place le bénéfice de l’aide juridictionnelle sans condition de ressources pour les victimes des crimes les plus graves. C’est pour moi une mesure forte envers ceux qui ont cruellement souffert et envers qui nous avons tous des devoirs. Quant à la rémunération des avocats ? Les discussions ont été entamées avec votre profession dès l’automne dernier. Des mesures d’urgence ont alors été prises. Mes services ont élaboré un projet de décret modifiant le barème de l’article 90 en vue de revaloriser les procédures qui ne l’avaient pas été en décembre 2000. Certaines catégories de procédures revalorisées sont de première importance, comme les affaires de droit commun devant le tribunal de grande instance. Le projet de décret vient d’être transmis au Conseil d’Etat pour avis et les revalorisations prévues seront mises en œuvre dès le semestre prochain. Ces mesures d’urgence auront un coût annuel de 11,3 Millions d’euros. Vous voyez, Monsieur le Président, que mon engagement pour les causes qui sont les vôtres est conséquent. Par ailleurs, j’ai décidé de prévoir au titre du budget du ministère de la justice pour l'année prochaine, une enveloppe de crédits qui, dans le cadre des moyens alloués par la loi d’orientation et de programmation pour la justice, permettra la revalorisation du montant de l’unité de valeur. Au-delà des mesures d’urgence, j’ai lancé des pistes de réflexion pour des réformes de fond, plus globales. Ainsi celle du recours encadré à des honoraires de résultat que vous avez rappelée, mais aussi, bien sûr, celle de l’assurance de protection juridique. Concernant cette dernière, je suis heureux de pouvoir dire que les choses avancent. Très bientôt seront rendues publiques les clauses considérées comme essentielles à un contrat de qualité et a été rappelé tout à l’heure à juste titre avec un certain nombre de ces clauses. Je suis ouvert à d’autres propositions. Je l’ai dit aux représentants de vos instances professionnelles lorsque je les ai reçues. Ils m’ont indiqué qu’ils me communiqueraient rapidement leurs suggestions de réformes. Je les examinerai avec attention dès qu’elles me seront parvenues dans le souci de parvenir rapidement à des solutions. J’espère avoir maintenant la bienveillance de mon auditoire. Car je vous ai offert une formation de meilleure qualité et mieux adaptée aux exigences du marché, j’ai entamé une réflexion pour rendre plus attractive et compétitive les structures d’exercice de votre activité, œuvré pour l’indépendance de l’activité de conseil, et revalorisé votre contribution dans le cadre de l’aide juridictionnelle. En bref, j’ai œuvré pour vous. J’aimerais maintenant vous montrer qu’en aucune matière je n’ai agi contre vous. Car Monsieur le Président, j’ai entendu votre discours, et votre « je plaide coupable » liminaire, il faut bien l’avouer, aurait pu être un « j’accuse » ! Je vous ai entendu exprimer les préoccupations de votre profession – et c’est heureux. Car je pourrai peut-être maintenant calmer ces préoccupations en dissipant certains malentendus qui les nourrissent – j’aimerais autant éviter en effet que nous « concluions sur des malentendus ». Quelques mots d’abord sur la directive blanchiment. Cette directive prévoit que les avocats ont vocation, dans certaines hypothèses très délimitées, à établir une déclaration de soupçon, s’ils pensent être sollicités aux fins de faciliter une opération de blanchiment. Nous avons l'obligation de transposer ce texte et je ne crois pas réaliste de penser que la directive pourrait être renégociée sur tel ou tel point. Mais le Bâtonnier Iweins a évoqué tout à l’heure certaines pistes qu’il voudrait ouvrir. Je souhaite que nous puissions nous entretenir et examiner dans quelle mesure ces actions pourraient être secondées. J’ai eu l’occasion de dire à plusieurs reprises que le secret professionnel de l’avocat était à mes yeux un impératif démocratique et que j’en serai le farouche défenseur. Je crois ne pas avoir failli à mon engagement. J’ai en effet travaillé à tirer au maximum profit de la souplesse que le texte de la directive anti-blanchiment offrait aux Etats membres dans l’exercice de transposition. L’affaire n’a pas été aisée, il m’est arrivé de me sentir un peu seul et l’arbitrage du Premier Ministre a dû être requis. Mais les solutions qui se dessinent me paraissent de nature à garantir l’essentiel. J’ai obtenu en effet que ce ne soit qu’à l’occasion de la rédaction d’actes que la déclaration de soupçon soit obligatoire. Il n’est donc plus du tout question de toucher au secret professionnel de l’avocat pour ce qui concerne son activité judiciaire. Et votre secret professionnel est également entièrement préservé pour l’activité de consultation. Il me semble que cette concession est extrêmement importante. Bien sur, j’ai entendu vos propos sur les difficultés d’interprétation quant à la consultation et la rédaction d’acte. Il faudra que nous soyons clairs sur cette question. J’aimerais maintenant vous expliquer le sens de mon action en matière pénale et aborder deux questions dont je sais qu’elles sont assez sensibles : les moyens renforcés pour la lutte contre le crime organisé et le plaider-coupable. Après les réformes portées par la loi d’orientation et de programmation, qui concernaient plutôt la petite délinquance, il m’est apparu tout à fait nécessaire de nous donner les moyens de lutter plus efficacement contre les formes de criminalité qui sont le fait de bandes organisées. C’est à cet effet que j’ai proposé des modifications de procédure pour tous les faits de criminalité organisée les plus graves, ceux contre les personnes : enlèvements et séquestration, proxénétisme, traite des êtres humains… Ces modifications de procédure concernent essentiellement le recours aux infiltrations et aux repentis, la garde à vue, les perquisitions et les écoutes téléphoniques. L’efficacité des méthodes d’infiltration et de repentis n’est pas à prouver : la première a permis de démanteler une extension du cartel de Cali en France ; la seconde a permis au juge Falcone de faire tomber Cosa Nostra. Il convenait d’autoriser ces méthodes efficaces tout en les encadrant scrupuleusement. Le projet de loi offre un cadre pour réglementer les infiltrations, c’est-à-dire contrôler strictement l’activité de l’officier de police judiciaire tout en le protégeant. Concernant les témoignages de repentis, ils seront encouragés par des réductions de peines, mais à la différence de ce qui se passe en Italie – et les avocats, je le sais, étaient très attachés à ce point – il est clairement spécifié dans le texte que les déclarations d’un repenti ne sauraient à elles seules justifier une condamnation, ceci comme garantie fondamentale des droits de la défense. A propos de l’allongement de la garde à vue, peut-être un mot pour bien en comprendre le sens : Bien souvent en matière de crime organisé, on n’arrête pas une seule personne mais tout ou partie de l’organisation. Lors de l’opération Margarita menée en 1994 contre des narcotrafiquants colombiens, 70 perquisitions ont été menées en même temps. Quand le nombre de confrontations avec les enquêteurs est grand et qu’il faut en faire la synthèse au fur et à mesure, 48 heures peuvent ne pas suffire. C’est pour cette raison que le projet de loi prévoit qu’il soit possible à titre exceptionnel de prolonger la garde à vue de 24 heures par deux fois. Les propositions que j’ai faites en matière de lutte contre les formes les plus graves de crime organisé ont soulevé des réactions parfois assez vives. Pour commencer, permettez-moi de préciser qu’elles ne sont pas l’apanage de la France : des dispositions analogues ont déjà été prises chez bon nombre de nos voisins – notamment au sein des pays du G8, dont j’ai récemment rencontré les représentants. Mais on donne, disent les uns, les pleins-pouvoirs à la Police. On donne, disent d’autres, des pouvoirs excessifs aux procureurs. La vérité, c’est que la Police travaille sous contrôle du parquet. Et la garantie contre tout abus de procédure par le parquet, c’est que tout recours aux moyens procéduraux que je viens d’évoquer se fera sur autorisation d’un magistrat du siège. On enfreint les droits de la défense ? Dans le projet de loi que j’ai soumis à l’Assemblée Nationale mercredi dernier, je crois pouvoir dire que toutes les dispositions sont prises pour que les droits de l’accusé et de la défense soient sauvegardés. Sur certains points ils seront même renforcés. * Ainsi, concernant la présence de l’avocat à la première heure de garde à vue, le droit actuel reste inchangé. * Le projet de loi prévoit par ailleurs qu’une personne qui a été placée en garde à vue et qui n’a pas fait l’objet de poursuites dans un délai de 6 mois puisse, si elle en fait la demande, être informée par le Procureur sur la suite de la procédure. Si le Procureur décide de poursuivre l’enquête, il doit le faire savoir dans un délai de 2 mois à la personne qui peut alors faire consulter le dossier de la procédure par son avocat. * En outre, dans le cas où un procureur déciderait la comparution immédiate après avoir fait usage, lors de l’enquête, des nouvelles règles d’investigation, il est prévu que l’avocat du prévenu puisse intervenir devant le magistrat du parquet pour le convaincre d’ouvrir une instruction en raison de la complexité des faits. Voilà pour le crime organisé. Mais il me faut maintenant défendre une autre mesure qui a suscité des réactions de votre part : ce que vous appelez par commodité de langage le « plaider-coupable ». Pour commencer, un principe de bon sens : la Justice doit prendre le temps qu’il faut pour établir la vérité, mais pas davantage. Vous conviendrez, j’imagine, qu’il n’est pas aberrant de ne pas traiter exactement de la même manière les affaires dans lesquelles la culpabilité est reconnue et celles où elle est contestée. C’est dans cette logique que j’ai proposé de créer la procédure de « comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité ». J’aimerais vous montrer que les critiques dont cette procédure a fait l’objet sont injustifiées. Mais auparavant, laissez-moi vous rappeler brièvement de quoi il est question. Il s’agit d’une procédure qui ne sera applicable qu’à certains délits, punis de 5 ans d’emprisonnement au plus. Elle sera exclue pour les mineurs, les délits de presse, les délits d’homicide involontaire et les délits faisant l’objet d’une procédure de poursuite spécifique. Cette procédure prévoit que, dans les cas où la culpabilité est reconnue, le procureur de la République puisse lui-même proposer une peine à la personne qui reconnaît être auteur du délit. Les peines proposées par le Procureur de la République seront plafonnées : des peines plus légères, si elles sont plus rapidement appliquées, seront plus exemplaires. C’est en présence de son avocat, lequel aura eu accès au dossier et la possibilité de s’entretenir avec son client que la personne mise en cause donnera ou non son consentement à la peine proposée. La personne pourra bénéficier d’un délai de réflexion de 10 jours avant de faire connaître sa réponse. En cas d’acceptation de la peine proposée, la personne comparaîtra devant le président du Tribunal de Grande Instance. En présence de l’avocat, le juge du siège s’assurera de la persistance du consentement et décidera d’homologuer ou non la proposition du procureur Il est prévu que la personne poursuivie dispose à nouveau d’un délai de 10 jours pour faire appel. Je tiens à préciser que suite à des observations faites par le barreau, le projet a été amélioré afin de prévoir que lorsque la personne n’accepte pas la peine proposée, ou lorsque la proposition n’est pas homologuée, le procès-verbal dressé ne pourra être transmis à la juridiction de jugement. Ni le ministère public, ni les parties ne pourront faire état devant la juridiction des déclarations faites. Dernier point, ce mode de procédure garantit pleinement les droits de la victime : celle-ci sera informée de la procédure et elle pourra pour sa demande d’indemnisation soit comparaître avec le prévenu devant le président du TGI, soit demander la tenue ultérieure d’un procès civil. * Alors on a dit que c’était vouloir substituer le procureur au juge. Il n’en est aucunement question. Dans la procédure de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité, le parquet propose, le juge dispose. * On a comparé cette procédure au « plaider-coupable », on a parlé d’américanisation de la justice. C’est inexact. Aux États-Unis, en cas de reconnaissance de culpabilité, il y a systématiquement une véritable négociation de la peine entre la défense et la partie poursuivante, incarnée par l’ « attorney » – lequel n’est guère comparable à notre magistrat du parquet. Et surtout : l’issue de leur négociation lie le juge. Dans le projet de loi, le déclenchement de la procédure de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité est laissé à la discrétion du procureur de la République. Et encore une fois, c’est le président du Tribunal de Grande Instance qui décide. Quand on parle de « plaider-coupable », il convient donc de bien avoir conscience des énormes différences séparant le système que je propose de la procédure anglo-saxonne. * C’est l’assimilation des deux types de procédures, je crois, qui conduit à parler de dérive vers un système de type accusatoire. Le système inquisitoire français, je l’ai déjà dit et je le maintiens, m’apparaît le mieux à même d’assurer tout à la fois l’égalité de traitement de tous les justiciables et le respect des droits de la société, des victimes et de la défense. * Dernier éclaircissement : certains ont dit que la procédure de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité allait permettre d’enterrer certaines affaires. Là encore c’est faux, puisque la constitution de partie civile impliquera toujours bien évidemment la saisine d’un juge. Ce qui est vrai en revanche, c’est que cette réforme permettrait un précieux gain de temps dans le traitement des affaires en correctionnel – et ce gain de temps, nous le devons au justiciable, qui est aussi l’usager d’un service public. En matière de lutte contre la criminalité organisée ou de « plaider-coupable », je crois qu’il serait injuste de conclure que « la fin justifie les moyens ». Les précautions ont été prises pour que les moyens soient justes. Mais j’aimerais maintenant regarder vers l’avenir et parler du travail qu’ensemble nous pourrions faire. L’avocat est un personnage majeur pour élaborer et faire vivre la justice. Dans le domaine judiciaire, il œuvre à la fois pour le respect des droits de la défense en plaidant pour les prévenus et pour le droit des victimes à obtenir réparation en plaidant pour les parties civiles. Dans le domaine juridique il participe à la mise en œuvre de la règle de droit par son activité de conseil ou par la rédaction d’actes. Parce que le rôle des avocats est décisif, il m’importe au plus haut point que vous participiez avec moi à la construction de la justice. Ainsi dans la politique d’accès au droit, qui vise à rendre la justice proche des justiciables. Les avocats, je le sais, s’impliquent fortement dans la promotion de l’accès au droit, dans les Conseilss Départementaux d’Accès au Droit (CDAD) et par leur participation aux permanences d’accès au droit organisées notamment au sein des maisons de justice et du droit (MJD). « Besoins de droit » : c’est pour votre profession, j’en suis convaincu, un programme et un engagement. Votre concours, j’en aurai besoin également dans la mise en œuvre des réformes du droit de la famille que j’ai entreprises avec mon collègue Christian JACOB. Chaque pan du droit de la famille, vous le savez, sera modernisé : le mariage, la filiation, le divorce, les successions et les libéralités, les tutelles et la protection des majeurs. J’aimerais en un mot vous redire les orientations fondamentales de la réforme du divorce. Le projet exclut le principe d’un divorce extra-judiciaire et maintient quatre cas de divorce. 1) Il maintient le divorce pour faute tout en recherchant à réduire les conflits. 2) Il supprime, sauf exception, la deuxième audience dans le divorce par consentement mutuel. 3) Il rénove le « divorce accepté », de manière à mieux prendre en considération la volonté des deux époux, sous réserve de la présence, pour chaque partie, d’un avocat pour recueillir l’accord des conjoints sur le principe du divorce. 4) Dans le divorce « pour altération définitive du lien conjugal », le prononcé sera subordonné à l’existence d’une séparation effective des époux de deux ans avant la requête en divorce ou, à défaut, entre celle-ci et l’assignation. Le succès de cette réforme dépendra évidemment en grande partie de votre collaboration. Un mot encore pour donner le contexte et le sens de l’action qui nous incombe en matière de tutelles. Plus de 600 000 personnes sont en France placées sous un régime de protection judiciaire soit plus d’1% de la population ! Et les conditions de la prise en charge sont loin d’être satisfaisantes, nous le savons bien. Il m’apparaît inacceptable que des mesures de tutelles puissent ne pas faire l’objet d’un réexamen pendant des années et inadmissible que des foyers surendettés puissent être placés sous une mesure de curatelle. La réforme du dispositif est, je crois, indispensable : il en va de la défense des libertés individuelles, du respect de la dignité humaine et du devoir de solidarité. Sur le dossier de l’aide aux victimes enfin, je suis tout à fait mobilisé, et je sais que la FNUJA l’est également. Lorsque mes collaborateurs vous ont sollicité pour participer à l’expérience naissante des SAVU de mon collègue Jean-Louis BORLOO, votre réponse enthousiaste ne m’a pas étonné. Je crois que nous devons poursuivre maintenant ensemble dans la mise en œuvre les quatorze mesures du programme national d’actions en faveur des victimes que j’ai présenté en conseil des ministres en septembre dernier. Nous avons déjà bien avancé, avec par exemple l’obligation d’informer la victime de son droit à bénéficier d’un avocat pour poursuivre, l’aide juridique de droit pour les victimes des crimes les plus graves ou encore la majoration de l’aide financière accordée par l’État aux barreaux pour tenir des permanences spécialisées d’avocats de victimes. De nouvelles étapes devront être franchies, en collaboration avec le Conseil National d’Aide aux Victimes qui mène plusieurs réflexions en ce domaine. Les jeunes avocats, le garde des sceaux et la Justice, c’est sur ma conception de nos relations triangulaires que j’aimerais conclure. Il ne s’agit pas d’un classique triangle amoureux. Car, telle est notre chance, la Justice est un bien commun. La justice. Elle est primordiale dans la démocratie parce qu’elle garantit à chacun le plein exercice de sa liberté et l’épanouissement de ses capacités. Grâce à la règle de droit, l’action d’autrui est encadrée et ne vient pas entraver l’action de chacun. Grâce à la règle de droit, l’avenir est, dans une certaine mesure, prévisible – ce qui autorise à s’y projeter, à contracter, à entreprendre ou à aimer. Justice et développement durable… belle intersection, enjeu énorme, dont je sais qu’il vous est cher, vous à qui il appartient de construire l’avenir. La visée de la Justice, c’est l’harmonie, l’équilibre. La justice, instrument de régulation sociale, a pour fin la paix sociale. C’est pourquoi il convient que la justice apaise celle qui en a le plus besoin : la victime. La justice doit être soucieuse de chacun et à la portée de chacun. Elle doit être justice de proximité. Justice et liberté, Justice et égalité, Justice et fraternité, La Justice évidemment est au cœur de notre République. Quel est le rôle du ministre « de la Justice » ? Le ministre de la justice, ce n’est pas le ministre de l’institution judiciaire, des magistrats et des fonctionnaires de la Justice. Le devoir du ministre de la Justice, c’est de veiller à ce que la justice soit bien rendue, juste et efficace, à tous les niveaux, et de dialoguer avec tous les « auxiliaires » de justice. Votre concours à vous, jeunes avocats, m’est nécessaire. Et il ne doit pas être seulement de concertation ou de participation. Il doit également être critique. « On dit que les jeunes générations sont difficiles à gouverner. Je l’espère » (Alain, Propos sur l’éducation). Votre mission vous requiert d’être critique, puisque vous êtes les défenseurs des libertés fondamentales. Je compte sur vous néanmoins pour toujours savoir trouver où est l’intérêt de la Justice, et pour la défendre vivement comme j’essaie de le faire quand le discrédit est jeté sur elle. J’espère pouvoir compter à la fois sur votre critique et sur votre cohésion. Je vous remercie. © Ministère de la justice - Mai 2003 Retour haut de page

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-06-02 11:51:21
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SECURITE ET DEFENSE PAR ERIC JL BRETON